féminisme

Les violences sexuelles faites aux femmes

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Ce texte ne parle que des violences d’ici, et en oublie sûrement. Les violences sont présentées en deux catégories : violences exercées comme relevant de la sexualité masculine, alors qu’elles ne sont que la marque de la violence et de la domination, et violences exercées sur le sexe des femmes pour d’autres raisons.

Le viol et les agressions sexuelles sont condamnés par la loi, peu par les tribunaux.

Le viol, avec ou sans violences, c’est tout acte de pénétration sans consentement. Le viol en France c’est au moins 84.000 femmes victimes de viol ou de tentative chaque année, 1 plainte pour 10 agressions et 1 condamnation pour 10 plaintes. Les témoignages des femmes ayant osé affronter police, justice et «  opinion publique  » expliquent bien la faiblesse de ces chiffres. Encore aujourd’hui, c’est la responsabilité de la femme qui est recherchée en cas de viol. Au pire elle était provocante, au mieux elle était imprudente.

Dans 90 % des cas l’agresseur est connu de la victime. Plus de la moitié des femmes victimes ne font aucune démarche (police, psy, associations...).


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Cet article tiré du dossier spécial d’Alternative libertaire de novembre 2016 s’inscrit dans le cadre de la campagne d’AL contre les violences faites aux femmes.


Sous prétexte de la sexualité des hommes

Les agressions sexuelles, c’est l’homme qui pose ses mains sur une femme qui n’est pas consentante, c’est le baiser extorqué, la masturbation forcée... Il y a moins de 10.000 condamnations par an. La récente campagne sur les réseaux sociaux, les témoignages qui ressortent à chaque fois qu’une agression est dénoncée, l’expérience vécue par chacune d’entre nous attestent que ces agressions sont la norme plus que l’exception.

Et ce qui les permet c’est la tolérance sociale envers les violences faites aux femmes, et au-delà même l’image donnée du corps des femmes comme étant le bien public des hommes. Les agressions sexuelles sont présentées par la pub comme esthétiques et excitantes, les journaux minimisent en titrant «  faits divers  » et en trouvant des excuses aux agresseurs, les hommes politiques se servent parmi les femmes qui les entourent et quasi tous leurs potes trouvent ça normal. La société dirigée par les hommes minimisent les violences sexuelles et protègent leurs auteurs.

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Les autres violences exercées sur le sexe des femmes

On peut inclure dans les violences sexuelles l’excision physique (qui relève de la loi sur les mutilations) et l’excision mentale.

L’excision physique, c’est l’ablation du clitoris, plus ou moins complète, plus ou moins étendue aux zones voisines. En 2004, il y avait plus de 50 000 femmes adultes excisées en France. C’est une pratique qui recule, tant en France (où elle est condamnée par la loi et les tribunaux, sans doute parce que les opératrices sont des femmes) que dans les pays d’origine des migrantes. Elle reste une menace pour des centaines de jeunes filles en cas de «  retour au pays  ».

L’excision mentale c’est le fait que beaucoup de fillettes, jeunes filles et femmes n’ont pas d’accès au plaisir parce qu’elles ignorent qu’elles ont un clitoris, à quoi il sert et qu’il est le bouton nécessaire y compris dans les rapports sexuels avec un homme. Le cinéma, la littérature, les livres d’éducation sexuelle pour jeunes, les conseils sexo des torchons imprimés pour femmes ne mentionnent pas (ou tellement peu) le clitoris et son fonctionnement. Tout petit garçon sait comment les hommes ont du plaisir tandis que plein de femmes adultes n’ont aucune idée de comment obtenir le leur, ou croient qu’à deux elles doivent oublier ce qu’elles savent en se masturbant.

Les cours d’éducation sexuelle prévus au cours de la scolarité n’ont pas lieu, et quand ils ont lieu, ils impliquent rarement des associations capables de parler respect du consentement et du corps des filles ainsi que du plaisir.

Pour une femme, connaître son corps et son clitoris, c’est savoir que l’accès au plaisir, seule ou à deux, ne nécessite pas l’intervention d’une verge. Serait-ce la cause de l’ignorance entretenue  ?

La loi du porno et du capitalisme unis incite aussi à la transformation physique du sexe des femmes, en les convaincant qu’un sexe féminin au naturel, c’est moche (en plus d’être sale). Des mutilations sont faites en toute légalité par des médecins : normalisation de la taille des lèvres, petites et grandes pour se rapprocher des sexes-fentes promus par le porno, resserrement du vagin (ou rajeunissement) pour que les hommes «  sentent mieux  », lifting du pubis, liposuccion du pubis et des lèvres... Sauf exception, ces interventions n’ont aucune justification médicale. La seule intervention (apparue relativement récemment, fin des années 90) réellement utile est la reconstruction du clitoris.

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Mur de vulves, un des panneaux du « Great Wall of Vagina » de l’artiste Jamie McCartney

Depuis peu sont dénoncées également les maltraitances exercées par le monde médical : entraînement au toucher vaginal sur des patientes endormies l’ignorant, épisiotomies non nécessaires, couture de ces mêmes épisiotomies un peu trop serrées (le «  point du mari »), examen gynécologique abusif ni expliqué, ni nécessaire...

 
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