Alternative libertaire 93 - Novembre 2008

Lettre des communistes libertaires de Seine-Saint-Denis - n°2

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Lettre des communistes libertaires de Seine-Saint-Denis n°2
Novembre 2008. Version noire et blanc.
Lettre des communistes libertaires de Seine-Saint-Denis n°2
Novembre 2008. Version couleur.

Edito : Le capitalisme, c’est la misère assurée !

Un jour, c’est « au secours, les bourses baissent, c’est la fin du monde ! ». Le lendemain : « youpi, les cours remontent, nous sommes sauvés, oublions tout ! » Ce yoyo pathétique risque de durer. Car le problème n’est pas conjoncturel : c’est le système capitaliste lui-même qui est en cause.

Les thuriféraires de ce système paniquent, ils n’ont plus de repère. Ou plutôt, si, ils en ont un : se renflouer sur le dos des travailleurs et des travailleuses, via les Etats, appelés à la rescousse.

Tous les « experts », les éditorialistes, les hommes politiques, en France comme aux Etats-Unis, qui ne juraient que par le libéralisme le plus débridé il y a quelques semaines encore, appellent l’Etat au secours. Ces bouffons sont prêts à manger leur chapeau pour sauver leur portefeuille d’actions. Et Sarkozy en fait partie.

Mais derrière l’Etat, il s’agit de prendre sur la seule richesse, celle créée concrètement par les travailleurs et les travailleuses, pour regonfler les bénéfices, les dividendes et les revenus boursiers de parasites qui, eux, ne produisent rien. Les produits financiers aussi stupides que les subprimes ne représentent aucune richesse, à part une valeur purement spéculative.

Oui, le capitalisme, c’est la misère assurée !


Plan de sauvetage ou arnaque ?

360 milliards. Le gouvernement français s’engage à couvrir les conneries des banquiers, des spéculateurs et des apprentis-sorciers de la finance en tous genres à hauteur de 24 millions d’années de SMIC ! Pourtant, il y a quelques mois à peine, « les caisses [étaient] vides » (N. Sarkozy, 8/1/2008). Toutes les mesures anti-sociales se justifiaient ainsi « magiquement », sans discussion ni analyse réelle de leur bien-fondé.

Faire travailler les salariés et salariées jusqu’à la mort et les priver de retraite ? Les caisses sont vides ! Priver de soins les malades en instaurant des franchises médicales ? Les caisses sont vides ! Geler les salaires, réduire le nombre de fonctionnaires ? Les caisses sont vides ! Détruire le service public postal en le privatisant ? Les caisse sont vides !

Mais le masque tombe, le gros mensonge ne tient plus. Quand il faut trouver de quoi sauver les financiers, de quoi rattraper leurs grosses bourdes, alors là, plus d’hésitation à faire marcher la planche à billets et à « inventer » les milliards qui manquaient pour tout le reste...


Pas touche aux services publics !

Non à la privatisation de la Poste

La casse des services publics se poursuit. Nouvelle cible : la Poste. La direction de la Poste et l’Etat nous annoncent une « ouverture de capital ». On sait ce que ça veut dire. On l’a vu avec France Telecom, par exemple : c’est la privatisation en marche. Il s’agit de laisser les investisseurs privés décider du sort de la Poste.

Or la situation financière actuelle montre que le privé, la bourse, c’est le gaspillage, l’incompétence et la faillite. Vouloir confier l’avenir du service public de courrier aux pitres qui ont évaporé quelques milliers de milliards, sous prétexte d’« efficacité » face à la concurrence, voici une idée bien curieuse. Car les hésitations du gouvernement et des conseillers de Sarkozy ne changent rien à leur fond ultra-libéral : ils veulent privatiser, ils attendent juste le bon moment.

La mobilisation s’organise à la Poste. Une première journée de grève a eu lieu le 23 septembre. Une nouvelle est prévue le 22 novembre. Mais la défense du service public du courrier nous concerne tous et toutes. Les usagers doivent se mobiliser aux côtés des postiers.

Converger vers une défense d’ensemble

La Poste n’est pas le seul service public attaqué. Par les suppressions de moyens, l’Education et la Santé sont également dans la ligne de mire. Depuis longtemps déjà, une logique de rentabilité financière est imposée aux transports en commun.

Toutes ces attaques relèvent de la même idéologie qu’on voit à l’oeuvre dans le soit-disant « sauvetage » des banquiers, des spéculateurs et des boursicoteurs : privatiser les bénéfices au profit de quelques-uns, socialiser les pertes sur le plus grand nombre. Autrement dit : « face je gagne, pile tu perds ». Nous refusons ce marché de dupes.

Les services publics répondent aux besoins collectifs. Ces richesses communes sont le bien le plus important.

Pétition contre la privatisation de la Poste : http://www.pastouchealaposte.ras.eu.org


En Seine-Saint-Denis, la défense s’organise

Un comité départemental de défense du service pblic postal se met en place. A l’heure où nous écrivons, il regroupe : SUD PTT 93, FAPT CGT 93, FO COM 93, CFTC Poste 93, UD CGT 93, Alternative libertaire (Saint-Denis et Seine-Saint-Denis Centre), les Alternatifs.

Une première action est prévue le 22/11 dans la matinée devant le bureau de Poste de Bobigny RP (gare routière de Bobigny, terminus M° ligne 5).

Pour joindre le comité départemental : Defense-Poste-93@laposte.net


Un logement décent pour tous et toutes !

Un réseau des mal-logés se met en place sur la Seine-Saint-Denis. Il regroupe actuellement des collectifs de mal-logés et des comités de soutien d’Aubervilliers, Bondy, et Saint-Denis. Un premier rassemblement a eu lieu le 15 octobre devant la préfecture de Seine-Saint-Denis pour dénoncer les expulsions et l’absence d’une véritable politique du logement. Voici le premier appel de ce réseau.

Non aux expulsions ! Ras le bol des logements insalubres ! Non aux marchands de sommeil ! Ras le bol des loyers trop chers !

A Aubervillers (5 et 56 rue Gaetan Lamy), à Bondy (clinique Michelet), à Saint Denis (rue Arthur Fontaine) des marchands de sommeil profitent de la précarité des habitants pour s’enrichir, en louant des logements insalubres et petits à des familles, à des loyers délirants. A Saint Denis et Pantin, des familles expulsées campent dans la rue. D’autres habitants sont expulsés de manière isolée, renvoyés à la rue alors que des logements sont vides !

En imposant des loyers exorbitants, dans toute la Seine Saint Denis, les bailleurs privés et les hôteliers s’enrichissent sur le dos des familles de travailleuses et travailleurs, en profitant d’une « crise du logement » (loyers inaccessible, pénurie de logements, inégalité de la répartition des logements sociaux). Cette crise est organisée par les spéculateurs et cautionnée par les pouvoirs publics (que ce soit par leur inaction ou le concours de la force publique donnée aux expulsions).

Les travailleuses et travailleurs les plus précaires, sans papiers, intérimaires, chômeurs, sont quant à eux dans l’impossibilité de trouver un logement décent, délaissés des bailleurs sociaux, obligés à la sur-occupation des logements, au squat dans le logement social ou des immeubles insalubres et dangereux, ou à la merci des marchands de sommeil pour se loger. S’y rajoutent le sur-endettement et l’impossibilité de changer de logement en cas de nécessité.

Cette situation ne peut plus durer !

Nous voulons :
- L’arrêt des expulsions !
- Le relogement des mal-logés et des expulsés dans des logements décents !
- La régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers, pour leur donner les moyens d’échapper aux marchands de sommeil !
- Le blocage des loyers et des charges

Réquisitionnons les logements vides, pour reloger les familles expulsées, et pour enrayer la logique spéculative et faire baisser les loyers !


En bref

A écouter : Casey (Ennemi de l’ordre). C’est une rappeuse du Blanc-Mesnil, et on aime bien.

Michelet-Bondy : la lutte continue. 15 régularisations sur 37 dossiers, le compte n’y est pas !

Edvige, rien n’est réglé. Le gouvernement tente de faire croire qu’il n’y a plus de problème avec le fichier policier Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). C’est faux. La mobilisation continue contre l’idéologie « tous coupables ».

Amiante à Bondy : la préf bouge enfin ! La préfecture de Seine-Saint-Denis a pris 2 arrêtés le 13/10 contre la société Sanir-PLMT qui obligeait des sans-papiers à planquer de l’amiante à deux pas de l’hôpital Jean-Verdier.

 
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