Lire : Bennett, « Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs »

Version imprimable de cet article Version imprimable


Brit Bennett est une jeune romancière et essayiste afro-américaine qui à connu un très fort succès avec son premier roman, Le coeur battant de nos mères, paru en 2017. Née en 1990, Brit Bennett dit avoir grandi dans le cocon d’une famille aisée. Mais au cours de l’été 2013, lorsque l’assassin du jeune noir Trayvon Martin est acquitté, Brit Bennet explique s’être «  réveillée  ».

Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs est un recueil composé de neuf essais publiés dans diverses revues par Brit Bennett. Neuf court textes réagissant à l’actualité et s’interrogeant sur ce que signifie être noire dans l’Amérique de Trump.

Plusieurs thèmes sont abordés au fil des essais. Dans l’un d’eux, Brit Bennett revient sur les crimes racistes de la police et ses nombreuses victimes. Dans un autre, elle évoque la terrible différenciation de discours lorsque le terroriste est «  blanc et américain  » ou racisé. Un autre texte s’attache à montrer comment la douleur des femmes noires est souvent reléguée à celle d’épouses ou de mères des hommes noirs assassinés. Alors que ces femmes subissent elles-mêmes directement la violence des hommes, quelle que soit la couleur de ces derniers. Une réflexion frappante est aussi menée sur l’utilisation de la nostalgie dans le discours politique. C’était mieux avant, axe majeur de Trump avec son slogan «  Make America great again  ».

L’intérêt de ce recueil ne tient pas juste à la pertinence et l’intérêt des réflexions de la romancière. C’est aussi qu’elle articule à merveille faits d’actualités et moments historiques, récit collectif et histoire personnelle, analyse de romans fondateurs ou chronique de musique actuelle. Brit Bennet évoque ainsi sous des prismes originaux les écrits de James Baldwin, Toni Morrison, Colson Whitehead mais aussi la musique de Janelle Monáe ou le Hell you Talmbout.

Une lecture riche qui en appelle d’autres, des réflexions originales qui interrogent et un souffle d’optimisme volontaire sans lyrisme excessif  : «  Le monde devient plus vaste en même temps qu’il se rétrécit  ; il se contracte et gonfle comme nos poumons. Alors, respirons profondément et mettons-nous au travail.  »

Benjamin (AL Angers)

  • Brit Bennett, Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs, Autrement, 2018, 120 pages, 12 euros.
 
☰ Accès rapide
Retour en haut