Lire : Jaime Balius, « Vers une nouvelle révolution »

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Les éditions le Coquelicot, basées à Toulouse, traduisent et publient en français des textes d’anarchosyndicalistes espagnols, ou d’autres pays, comme le suédois Nils Lätt ou les français André et Dori Prudhommeaux, ayant participé à la révolution espagnole de 1936.

Jaime Balius est né à Barcelone en 1904 et décédé en France en 1980. Après être passé par le nationalisme catalan dans ses jeunes années et un court passage au Bloc ouvrier et paysan, il devient membre de la Fédération anarchiste ibérique en 1932 et de la CNT en 1936. Après juillet 1936 il est élu vice-président du syndicat des journalistes. Il est, après les journées de mai 1937 à Barcelone, un des principaux animateurs du groupe des amis de Durruti, groupe créé en mars 1937 par des membres de la colonne Durruti pour s’opposer à la tendance réformiste et à la participation au gouvernement espagnol de la CNT. Il sera d’ailleurs exclu de la CNT-FAI, ainsi que le groupe des amis de Durruti, suite à ses prises de positions anti-gouvernementales pendant les journées de mai. La direction de la CNT appelant les ouvriers à cesser le combat contre les forces antirévolutionnaires : les staliniens et le gouvernement. Après les journées de mai, le siège du Groupe des amis de Durruti est fermé par la police gouvernementale et Balius est brièvement emprisonné.

Vers une nouvelle révolution, écrit en 1938 par Balius, est un texte inédit jusque-là dans son intégralité en français. Il est publié avec une préface de l’auteur de 1978. En annexes on trouve deux articles de Jaime Balius publiés en exil en septembre 1939 dans la revue L’Espagne nouvelle d’André Prudhommeaux, un article Louis-Mercier Vega du même journal et un « Hommage de Pablo Ruiz à Jaime Balius » publié en 1981 dans Combat Syndicaliste-Solidaridad Obrera. Pablo Ruiz est un des fondateurs avec Jaime Balius du Groupe des amis de Durruti.

Selon Balius, la CNT a manqué par deux fois à son devoir révolutionnaire en refusant de prendre le pouvoir. Une première fois dès juillet 36 en acceptant de partager le pouvoir avec la bourgeoisie dans le cadre d’une alliance antifasciste qui ne tardera pas à combattre la révolution sociale en cours. Et une seconde fois en mai 1937, à Barcelone, pendant les journées de mai, la CNT en appelant les ouvriers au calme a permis que « les vainqueurs se rendent aux vaincus » et a empêché les milices ouvrières de prendre le pouvoir. Ces journées marqueront le début de l’écrasement final de la révolution sociale par la bourgeoisie et les staliniens : ils auront les mains libres par la suite pour persécuter le Poum puis les anarchistes.

Xavier (ami d’AL)

Jaime Balius, Vers une nouvelle révolution, Groupement des amis de Durruti, Les cahiers du Coquelicot n° 6, Le Coquelicot, 2014, 89 pages, 10 euros.

 
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