Lire : Michéa, « Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond »

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Une réédition d’un petit texte paru en mai 1998 sur la relation intellectuels et "footeux", qui fait également l’éloge d’un autre livre d’Eduardo Galeano Le Football, ombre et lumière, dont on peut lire quelques extraits significatifs en appendice. Ce texte, d’un intérêt sociologique mais également philosophique évident, analyse ce rapport qu’on pourrait penser futile, voire inutile, entre l’intellect et le physique, alors qu’il est profondément actuel et significatif, car comme l’écrit J.-C. Michéa : « Et l’hypothèse la plus raisonnable qui, après élimination, se présente à l’esprit, c’est que si les intellectuels, dans leur masse, haïssent le football, c’est évidemment parce que ce dernier incarne le sport populaire par excellence. » Mais aussi « qu’on imagine, par exemple, un individu, entièrement dépourvu de sens poétique : quels que soient son intelligence et son sens de l’observation, il est clair qu’il aura le plus grand mal à mesurer exactement la profondeur du mouvement par lequel l’Économie régnante en vient à imposer des manières de parler [...] où toutes les fonctions critiques du langage ont été neutralisées ». Ainsi ces mêmes intellectuels incapables de « comprendre une passion populaire » n’osent pas dénoncer les « dérives monstrueuses » de ce sport. L’intérêt de ce livre paraît indiscutable tant il met en exergue au travers du football les méfaits de notre société sur les mots, les êtres, bref sur tout ce qui touche notre humanité.

  • Jean-Claude Michéa , Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond, Éditions Climats, 10 euros.
 
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