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Lire : « Refractions » n°24

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La revue libertaire Réfractions a publié en mai son 24e numéro, toujours aussi copieux, consacré cette fois aux relations entre anarchisme et féminisme. Soucieuse d’une vision panoramique, la revue signale en introduction que, depuis une dizaine d’années, les rapports de forces ont évolué au sein du féminisme, et que l’approche en termes d’inégalités sociales est désormais moins à la mode que les questionnements identitaires : « Alors que précédemment le courant “égalitaire/universaliste” était largement représenté, c’est l’émancipation envisagée comme “déconstruction des genres et des sexes” qui est apparue au cœur des nouvelles théorisations », relève ainsi la commission de rédaction. De ce numéro, on retiendra notamment le long article introductif de la chercheuse Françoise Picq, ancienne du MLF, qui s’inquiète de voir le féminisme d’aujourd’hui « singulièrement clivé entre des groupes militants inscrits dans le mouvement social, qui dénoncent les inégalités persistantes dans la vie professionnelle, dans la vie politique, dans le partage des tâches ménagères, les violences envers les femmes… et une réflexion théorique sophistiquée et de plus en plus coupée des réalités vécues par les femmes ». On trouve également des idées intéressantes chez Geneviève Fraisse, qui analyse la société occidentale actuelle comme ayant juridiquement dépassé le patriarcat, tout en maintenant la domination masculine via ce qu’elle nomme « la république des frères ». Notre camarade Irène Pereira expose ce que peut être une conception anarchiste du féminisme, et la commission femmes de la FA fait le point sur ce qu’elle nomme « l’anarcha-féminisme » - en fait sur la question féministe au sein de l’anarchisme. Quant à Monique Boireau-Rouillé, elle démolit les positions faussement libertaires et réellement libérales de Marcela Iacub. Un numéro polyphonique, donc, et riche en idées.

Guillaume Davranche (AL 93)

Réfractions n°24 (printemps 2010), « Des féminismes en veux-tu en voilà », 12 euros.

 
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