Livre : Hodel, « L’Affaire du dahlia noir »

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Le 15 janvier 1947 à Los Angeles, un “ 390 ” est signalé au LAPD (Los Angeles Police Departement). Un “ 390 ” c’est, dans le jargon policier de l’époque, un poivrot en train de cuver son alcool dans la rue. Arrivée sur place l’équipe de police découvre le cadavre d’une femme découpée en deux au niveau du bassin. La femme a vraisemblablement été torturée d’une façon particulièrement sadique avant d’être battue à mort, puis découpée quasi chirurgicalement. Ainsi commence la seconde vie d’Elisabeth Short, alias le “ dahlia noir ”, jeune femme pleine de vie et d’entrain mais aussi un peu perdue dans la vie hollywoodienne de l’époque. Le meurtre ne sera jamais résolu. Le 17 mai 1999 à Bellingham, État de Washington, George Hodel, médecin retraité, meurt à l’âge de 92 ans des suites d’une maladie cardiaque. Son fils, Steve Hodel, ancien officier de police du bureau des homicides de Los Angeles, vient pour s’occuper de la cérémonie d’enterrement et soutenir sa belle-mère. Dans les affaires qu’elle lui remet, il trouve un petit carnet de photos. En le feuilletant, Steve Hodel trouve avec stupéfaction deux photos du “ dahlia noir ”. Il s’interroge et entreprend de mettre son talent d’enquêteur à essayer de comprendre qui était ce père qu’il a si peu connu et la raison de la présence des deux photos d’Elisabeth Short dans l’album intime de ce dernier. Replongeant dans la presse de l’époque, qui a largement couvert l’affaire, reprenant les témoignages de ceux et celles qui ont connu son père, interrogeant sa famille et des amis encore en vie de son père, il remonte petit à petit dans le passé et fini par entrevoir l’insupportable. Non content d’être le tortionnaire et meurtrier d’Elisabeth Short, son père serait responsable de la mort de plus d’une trentaine de femmes sur LA avant de fuir aux Philippines.

La demi-sœur de Steve, Tamar, a-t-elle réellement été victime d’un viol incestueux et quelles auraient été les conséquences du procès intenté contre son père si elle avait été crue par les jurés ? Quel est le lien entre la photo “ le minotaure ” de Man Ray et le “ dahlia noir ” ? Si George Hodel est bien l’assassin du “ dahlia ”, qui lui a permis de quitter aussi facilement les USA ? Pourquoi le capitaine Donahoe, qui avait suivi l’affaire de bout en bout et qui était le seul à pouvoir recouper certains faits, a été relevé de ses fonctions ? Pourquoi manque-t-il tant de preuves et de témoignages dans les rapports du LAPD ?

Toutes ces questions auxquelles Steve Hodel a dû faire face, tissent le portrait diabolique d’un homme terrible, George Hodel, et mettent en avant la corruption de la police qui a pu amener à ce que ce tueur en série puisse être protégé, lui et son complice. Une plongée vertigineuse dans le Los Angeles des années 40-50 et dans la folie d’un homme, cultivé, amateur de surréalisme, hédoniste, autoritaire, sadique et meurtrier. Ce livre a fait dire à James Ellroy : “ J’étais celui qui pose les questions, il fut celui qui y répondit [...] Maintenant je sais. ”

Romain (AL Paris Transcom)

  • Steve Hodel, L’Affaire du dahlia noir, Seuil, collection Points, 760 pages, 9 euros
 
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