Maroc : Hardzazat, l’autogestion concrète

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Au printemps s’est tenu à Ouarzazate un festival libertaire. AL y était conviée. Retour sur une expérience positive dans un pays où notre courant politique émerge petit à petit.

Du 30 mars au 2 avril a eu lieu la 3e édition du festival Hardzazat, dans la ville de Ouarzazate au Maroc. À son origine : beaucoup de militants et militantes, animateurs et animatrices du mouvement du 20-Février (pendant marocain du Printemps arabe), rejointes ensuite par des personnes de tout le Maroc [1].

Un mouvement libertaire marocain qui émerge

Ce festival est culturel et politique. Il a été autofinancé à 100 %, entre autres par des concerts de soutien (y compris en France). Hardzazat se revendique alternatif, proche des idées libertaires, autogestionnaire et autonome de tous les partis politiques. Nombre de militants et militantes à l’ori­­­gine du festival, connaissant Alternative libertaire, ont souhaité recevoir des informations sur l’organisation, recevoir le journal et si possible des livres dans l’optique de créer une bibliothèque à Rabat. Je m’y suis rendu cette année avec un camarade de Paris, invité par Aimane (militant libertaire fraîchement arrivé en France et adhérent d’AL Gard). Au programme  : la diffusion de plusieurs documentaires sur l’underground au Maroc, la création de magnifiques graffitis dans l’enceinte de la fac (et plein d’«  ACAB  » dans toute la ville), des stands de piercing, de journaux engagés, des concerts de rap, punk, rock, avec des groupes marocains, français, palestiniens... Avec Aimane, nous avons parlé d’Alternative libertaire, de nos actions mais aussi de nos difficultés à créer un front libertaire et anticapitaliste efficace en France. Les discussions ont été riches et denses. Des débats ont eu lieu sur la suite à donner à ce mouvement libertaire marocain qui émerge, la création d’un journal ou encore celle d’une «  coopérative-association  »... Il faut savoir que chaque année ce festival a connu de grandes difficultés liées à la pression des politiques de l’État, mais aussi de la municipalité de Ouarzazate. Une pratique courante pour bien des événements politico-culturels, que ce soit à Rabat ou à Casablanca.

Ambiance joyeuse, rebelle et énergique

Cette année Hardzazat devait se tenir au sein de la faculté de Ouarzazate mais 24 heures avant le début du festival, la mairie l’a fait interdire, sans explication.

Les organisateurs et organisatrices ont dû trouver un lieu privé (très cher), excentré et limitant de fait l’accès au plus grand nombre. Pour pallier ce problème, les organisateurs et organisatrices se sont rendus avec des troupes de cirque dans le village, à la rencontre des habitantes et habitants, pour les inviter à se rendre au festival, qui était bien sûr gratuit et ouvert à toutes et tous. Une initiative heureuse : sur les quatre jours de ce festival, plus de 500 personnes, parfois âgées, parfois jeunes, des gosses des quartiers populaires, des punks à chien, des curieux et des curieuses sont retrouvés dans une ambiance joyeuse, rebelle et énergique.

Valentin (AL Gard)

[1Une interview de certains organisateurs sera publiée prochainement dans Alternative libertaire.

 
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