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Maroc : omerta sur les droits du peuple sahraoui

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Comme en Palestine, le peuple sahraoui est séparé (campements de réfugié-e-s et territoires occupés) et empêché de communiquer par un mur fortifié de 2.700 kilomètres. Non content de poursuivre sa politique coloniale, le gouvernement marocain criminalise le mouvement social, en même temps qu’il attaque la solidarité internationale, en s’en prenant directement à Michèle Decaster.

Interdite d’entrer en territoire sahraoui, puis empêchée d’assister en tant qu’observatrice au procès de Wafaa Charaf, militante du Mouvement du 20 Février (condamnée à 1 an de prison ferme), Michèle Decaster, secrétaire générale de l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (Afaspa) et membre active de Sortir du colonialisme s’est retrouvée par 2 fois arrêtée et séquestrée par les autorités marocaines.

La dernière agression a eu lieu ce mercredi 6 août alors qu’elle descendait de l’avion pour aller rendre visite à des amis sahraouis. Elle a été séquestrée toute la nuit avant d’être libérée au petit matin. Militante infatigable des droits humains, elle est persona non grata au Maroc.

A l’heure ou le combat anticolonialiste du peuple palestinien est au cœur de notre engagement, « Notre Ami le Roi » continue, au mépris des décisions internationales, de bafouer les droits du peuple sahraoui, refusant encore et encore la tenue du référendum d’autodétermination réclamé par l’ONU.

Comme en Palestine, le peuple sahraoui est séparé (campements de réfugié-e-s et territoires occupés) et empêché de communiquer par un mur fortifié de 2.700 kilomètres. Non content de poursuivre sa politique coloniale, le gouvernement marocain criminalise le mouvement social, en même temps qu’il attaque la solidarité internationale, en s’en prenant directement à une militante connue pour son activisme. Il tente par tous les moyens y compris l’intimidation, d’imposer un embargo médiatique sur ce territoire non autonome sur lequel il n’a ni mandat international ni autorité légale.

Sur l’ensemble du pays, l’État marocain verrouille également toute forme de protestation sociale et continue de réprimer les militantes et activistes marocains, comme le montre le cas de Bourker Khamlichi, militant de Voie démocratique, détenu pour avoir soutenu la prisonnière politique Wafaa Charaf. Ou encore, récemment, la mort du syndicaliste étudiant et prisonnier politique Mustapha Meziani, en grève de la faim depuis 72 jours.

Cette surenchère entamera t-elle la relation privilégiée qu’entretient la France avec le Royaume, pilier de la Françafrique ? Il est malheureusement permis d’en douter.

Alternative libertaire, le 17 août 2014

 
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