Menace de guerre contre l’Iran : Accalmie passagère

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La crise autour du nucléaire iranien s’est sensiblement calmée dans la seconde moitié de 2007, repoussant dans l’immédiat les risques de guerre. Cette accalmie n’est pas le résultat d’une mobilisation internationale anti-guerre qui reste encore à construire, elle vient plutôt d’acteurs clés du système à Washington et ailleurs qui ne veulent surtout pas risquer une nouvelle catastrophe irakienne.

Fin août 2007, un accord entre l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Iran a fait baisser la tension d’un cran sur le programme nucléaire iranien. Cet accord prévoit de régler point par point les questions litigieuses. Depuis sa signature plusieurs points ont été réglés et jusqu’à présent les inspecteurs et inspectrices de l’agence n’ont pas trouvé trace d’un programme militaire. Début décembre, un rapport des 16 agences de renseignement des États-Unis est venu couper l’herbe sous le pied des va-t-en guerre. Il affirme que l’Iran aurait bien développé un programme militaire mais qu’il aurait tout arrêté en 2003 et qu’il lui faudrait des années pour obtenir une bombe s’il décidait de le reprendre aujourd’hui. Autre information importante, ce coup d’arrêt ne serait pas le fruit de la politique du bâton, chère aux néo-conservateurs états-uniens, puisque aucune sanction n’avait encore été décidée par l’ONU, mais de la politique de la carotte menée alors par les Européens.

Pour la CIA et ses consœurs, la négociation est plus efficace que les menaces militaires, mais pas pour la nouvelle diplomatie française. Sarkozy et Kouchner n’ont pas cessé de jeter de l’huile sur le feu, se ralliant à la ligne des néo-conservateurs et de l’appareil militaro-sécuritaire israélien. Comble du cynisme, Sarkozy se fait le VRP de l’industrie nucléaire au Maghreb et au Moyen Orient alors qu’il se pose en chevalier blanc de la non-prolifération dans la crise iranienne.

Bellicisme français et isolement états-unien

La tendance à l’apaisement s’est poursuivie en début d’année 2008, malgré un incident naval dans le détroit d’Ormuz que les faucons ont essayé en vain de grossir. La tournée d’adieu de Bush au Moyen Orient a confirmé son isolement politique sur ce sujet, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et autres pétromonarchies ont réaffirmé poliment qu’ils ne se laisseraient pas entraîner dans une guerre où ils ont plus à perdre qu’à gagner.

Pour autant, tout risque n’est pas écarté car l’enjeu de la crise c’est l’hégémonie sur ce que Bush a baptisé le Grand Moyen Orient, cette vaste zone riche en hydrocarbures que les États-Unis veulent contrôler. D’autres prétextes pour partir en guerre sont mis en avant, par exemple le Pentagone affirme sans preuve que l’Iran fournit des armes à l’insurrection irakienne et aux Talibans en Afghanistan. De plus, un incident frontalier, toujours possible, peut suffire à déclencher la catastrophe. C’est pourquoi le développement d’un mouvement international anti-guerre de masse reste nécessaire. En France, lutter contre le bellicisme officiel doit être une de nos priorités du moment.

Hervé (AL Marseille)

 
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