Monographie de la population mahoraise

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Mayotte est une île cosmopolite. Mais le mélange entre les populations est souvent loin d’être évident et effectif. La lutte contre l’immigration menée avec rage par le gouvernement colonial français depuis le début des années 2000 déstabilise durablement la société locale. L’île ne compte pas moins de 200 000 habitants. Plus de 51 % de cette population a moins de 20 ans alors que les plus de 60 ans ne représentent que 4 % de la population. L’île a donc une démographie très dynamique. Plusieurs explications : l’amélioration progressive des conditions de vie, la lutte contre l’immigration illégale qui bloque tout une frange de la population sur l’île… La population d’origine étrangère (originaire des Comores, de Madagascar et d’Afrique principalement) est évaluée à plus de 65 000 personnes soit plus d’un tiers de la population. Une grande partie de ces « étrangers » sont « sans papiers ». Cette population étrangère vit dans une insécurité permanente du fait de la chasse qui lui est déclarée. Les reconduites sont passées de quelques 8 000 personnes en 2004 à plus de 26 000 en 2011, soit autant qu’en France métropolitaine et une part de 10 % de la population de l’île expulsée chaque année ! Mais cette chasse n’est pas sans conséquence pour la population mahoraise qui se retrouve prise dans les traques implacables, et ne peut sortir sans documents d’identité sous peine d’être victime d’une reconduite express. Cette politique déshumanisée touche de plein fouet la population jeune, quotidiennement harcelée par les forces de l’ordre. Cette machine à expulser jette à la rue plus de 8 000 mineurs isolés qui se retrouvent ainsi seuls sur le territoire (chiffre équivalent au nombre de mineurs isolés sur l’ensemble du territoire de la France métropolitaine). Une jeunesse qui bénéficie d’infrastructures au nombre bien en dessous des besoins et dont les perspectives d’avenir semblent irrésistiblement bouchées.

Cette population métissée vit au côté d’une population métropolitaine parachutée pour la plupart à grand renfort de primes et autres privilèges pour venir participer au « développement » de l’île. Ces métropolitains (les mzungu) représentent un peu plus de 10 000 personnes. Mais plus de 80 % d’entre eux vit avec des revenus nettement supérieurs au reste de la population.

 
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