Nécrologie : Claire Villiers

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C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Claire Villiers, camarade de longue date, très engagée dans la lutte contre le chômage et la précarité.

Salariée de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi, devenue depuis Pôle emploi), Claire Villiers a été dans les années 1980 et 1990 une figure de l’opposition CFDT. Secrétaire générale de la CFDT ANPE, elle a joué un rôle important dans la création d’Agir ensemble contre le chômage (AC  !) en 1993 et dans l’organisation des marches contre le chômage de 1994 qui ont permis à un nombre non négligeable de chômeurs et chômeuses et de travailleurs et travailleuses précaires de rejoindre ce mouvement. Son action a également été décisive pour favoriser l’unité d’action entre AC  !, l’APEIS, le MNCP et la CGT Chômeurs.

La dynamique des luttes portées par ces mouvements et plus largement tout ce qui participait alors d’une gauche sociale ou gauche de la rue a permis de multiplier les convergences et de faire progresser l’autonomie des luttes sociales. Elle a aussi débouché sur la constitution de cadres de mobilisations à l’échelle européenne (Marches européennes, puis Forum sociaux européens). Là encore, Claire a contribué de façon décisive à ces avancées.

Le recentrage de la CFDT et son soutien aux contre-réformes libérales des gouvernements de droite comme de gauche l’ont amené avec la majorité de son syndicat à quitter la CFDT pour créer le SNU-FSU qui est devenu le syndicat majoritaire à l’ANPE. Les militantes et militants d’AL se sont le plus souvent retrouvé-e-s à ses côtés dans tous ces combats.

Sur le plan politique, Claire a fait le plus souvent d’autres choix que les nôtres comme celui de militer pour l’unité des militantes et des militants et des organisations à la gauche du PS, que ce soit lors des élections régionales de 2004 à l’occasion desquelles elles fut tête de liste en Ile-de-France, puis vice-présidente du Conseil régional Ile-de-France, ou lors de la campagne de José Bové dont elle fut une des porte-parole en 2007 avant de rejoindre la FASE en 2009. Cela n’a pas empêché de se rassembler au moment de la campagne de 2005 pour le «  Non  » à la Constitution européenne, bien au contraire.

Nous tenons à saluer cette militante et camarade de lutte qui a marqué par son énergie et sa force de conviction les luttes et les combats émancipateurs de ces dernières décennies. Nous ne l’oublierons pas.

Alternative libertaire, le 5 décembre 2010

 
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