Notre-Dame-des-Landes : Le tracto-vélo comme visage légaliste de la lutte

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Du 6 au 12 novembre, un groupe de 80 vélos et 6 tracteurs a fait le trajet de Notre-Dame-des-Landes, en territoire nantais, au Jardin-du-Luxembourg (Paris). La lutte de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes est multiforme : le tracto-vélo en est sa face légaliste.

Le 6 novembre dernier, ce sont plus de 300 personnes qui sont venues soutenir le départ des 80 vélos et 6 tracteurs composant le tracto-vélo à Notre-Dame-des-Landes. Les organisations politiques étaient peu présentes – uniquement AL et le PCF de Vendée – et l’assemblée était essentiellement composée de riverains et d’agriculteurs. Ceci témoigne bien de l’enracinement de la lutte dans la population locale, totalement opposée au projet de construction de l’aéroport. À l’arrivée, l’ambiance est festive, les tracteurs de la Conf’ (Confédération paysanne) ayant déjoué les barrages policiers. Environs 15 cars en provenance du Grand-Ouest, soit un millier de personnes, sont venus acclamer triomphalement les « marcheurs ». La convergence des luttes, en cours ou victorieuses, était au centre des débats organisés à l’arrivée : incinérateurs de Clermont-Ferrand, lutte contre le TGV en Italie, lutte contre l’aéroport d’Heathrow à Londres. La mobilisation des franciliennes et des franciliens n’était en revanche pas à la hauteur des espérances. Politiquement, seuls EELV et AL ont fait le déplacement pour suivre les débats.

[*L’action directe reste nécessaire*]

Cette marche [1] était organisée par une coordination d’opposants dans la continuité de la marche régionale de 2010 et du rassemblement de trois jours de juillet dernier [2]. En effet, cette lutte est multiforme. Ce type d’action (tracto-velo) permet de populariser la problématique en dehors du territoire nantais, elle est complémentaire à celle menée par les occupantes et occupants de la Zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes et autres groupements. Il est illusoire de croire quelle suffira à vaincre dans la mesure où le projet est soutenu par de puissants capitalistes comme Vinci mais aussi par le PS local. L’accord programmatique de mandature entre ces derniers et EELV qui vient d’être signé montre bien que l’action légale pour faire pression sur les élus ne peut suffire. EELV préfère bomber le torse verbalement afin de se faire élire, pour ensuite gouverner localement avec le PS : ils actent leurs désaccords et continuent sans démissionner et surtout comme si de rien n’était. Ainsi, de Plogoff au Carnet, les luttes antinucléaires locales, victorieuses, prouvent que l’action directe, enracinée dans la population locale, est indispensable pour obtenir gain de cause comme déverser du fumier dans les forages d’essais, taguer les véhicules des entreprises collaboratrices des expulsions, s’attacher dans les arbres ou encore réquisitionner les habitations vouées à disparaître… Une lutte de terrain et multiforme...

Commission Écologie

[1Revivez toute l’épopée sur le site http://tractovelo-ndl-2011.blogspot.com/ et retrouvez le tract d’AL sur notre site http://www.alternativelibertaire.org/ , rubrique Écologie

[2Voir l’article publié dans AL de septembre 2011 qui décrivait les différentes formes de lutte contre ce projet d’aéroport.

 
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