Nucléaire : EPR : toujours plus de danger

Version imprimable de cet article Version imprimable


La communication gouvernementale se met au goût de la transition énergétique. Dans les faits, la politique en faveur du nucléaire se poursuit en particulier par la construction et la multiplication de projets EPR.

L’expansion de l’industrie nucléaire fait l’objet d’une concurrence féroce entre ses différents acteurs. La Chine compte 19 chantiers en cours et EDF compte bien faire démarrer son premier EPR cet été à Taïshan. Et que fait l’état français ? Il soutien son champion !

Malgré tous les déboires du chantier d’EPR à Flamanville, entre autres , le géant français garde le sourire : son concurrent états-unien est lui aussi dans la panade. Face aux prévisions de croissance de la production électrique il n’est pas question de remettre en cause la filière. Voitures électriques, serveurs pour l’internet, « Data centers », ... la production doit augmenter de façon considérable pour assumer cette « transition » capitaliste.

Le passage au tout numérique est donc bien plus important que la transition énergétique. Car Internet, tels que le capitalisme le développe, consommera à l’échelle planétaire l’équivalent de la production de cent réacteurs d’ici 2030. Les choix effectués nécessitent une disponibilité 24 h sur 24, pour laquelle le nucléaire possède des atouts.

De la transition au maintien de la filière

La réduction affirmée de la part du nucléaire à 50 % de l’énergie électrique produite d’ici 2025 est constamment repoussée. Hulot se positionne maintenant sur 2035. Plusieurs éléments de langage sont mis à contribution pour faire avaler la couleuvre aux citoyens. Par exemple la « réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique » est en fait une augmentation de production d’énergies renouvelables (comme les 1 000 éoliennes d’Aveyron), mais certainement pas une fermeture de centrales. Fessenheim, dont la fermeture a été décidée, restera ouvert au moins jusqu’à la mise en service de l’EPR. Le message est clair : pas de diminution de production nucléaire.

« Le nucléaire est une énergie propre ». Pour tenter de justifier cette contre-vérité, l’État utilise une base de calcul en équivalent carbone et poursuit la fermeture des centrales thermiques. Mais les calculs ne prennent pas en compte l’extraction de l’uranium ou son enrichissement, pas plus que la question des déchets.

« L’énergie nucléaire est compétitive ». C’est oublier de dire que les caisses d’EDF sont constamment renflouées par le contribuable. C’est omettre que les recherches et développements sont assumés en grande partie par l’armée. Ainsi des volumes importants de financement sortent de la comptabilité d’EDF et trompent sur le coût réel. La propagande marche à plein régime pour justifier que la sortie du nucléaire ou même une simple réduction du parc ne soit pas à l’ordre du jour.

Projet d’EPR à Olkiluoto en Finlande

En 2007 la commission Écologie d’AL écrivait que l’industrie nucléaire était au plus mal. Et c’était vrai ! Cette industrie cherche maintenant à renaître de ses cendre en s’affirmant acteur de la « transition énergétique ». Après l’inauguration du réacteur de Taïshan, EDF pourra proclamer l’ouverture du premier EPR au monde. En grand vainqueur elle cherchera à restaurer sa légitimité en finissant Flamanville et Olkiluoto (Finlande) et en effaçant ainsi l’ardoise des déboires. Viendra ensuite Hinkley Point (Royaume-Uni)…

Cette fuite en avant nous pousse encore plus loin vers un accident majeur probable ! Car les EPR peuvent utiliser le combustible MOX, qui, rappelons-le est le principal responsable de la catastrophe écologique de Fukushima. Jamais rien n’est dit non plus sur les difficultés de démantèlement des futur EPR. Déjà se prépare l’existence de soixante réacteurs à l’arrêt dont nous ne savons que faire. Rien non plus sur l’accumulation des déchets. La poubelle de Bure servirait à faire oublier qu’ils existent, mais leur production continuera.

Reinette Noyée (AL Aveyron)


Un parc nucléaire vieillissant

La carte établie par le réseau sortir du nucléaire présente l’âge des réacteurs nucléaires en France : le parc de cinquante huit réacteurs que nous connaissons actuellement a été construit entre les années 1970 et 1990. La carte ne mentionne que le parc en activité. N’y figure ni l’EPR de Flamanville en construction ni la vieille centrale expérimentale de Brennilis. Rappelons que celle-ci est en démantèlement depuis 1985, démantèlement régulièrement suspendu et toujours inachevé parce que c’est un chantier impossible.

Cliquez pour agrandir

Toutes les centrales en rouge sur la carte (plus de 30 ans) arrivent à leur fin d’exploitation qui était estimée à 40 ans. EDF est en tractations pour les mener à 50 ans avant fin 2018, et a dans le viseur une durée de vie de 60 ans. Ce n’est pas Macron qui va dire le contraire.

Au regard des règles officielles, deux réacteurs sont d’ors et déjà illégaux. Dans cinq ans vingt-et-un le seront. Dans dix ans ce nombre sera de quarante six ! Respect des règles de sécurité ou calcul sommaire de rentabilité ?

Le gouvernement ne semble pas hésiter. D’ailleurs, le démantèlement des centrales est repoussé à « dans 50 ans » pour le parc français. De toute façon EDF n’a pas provisionné les sommes nécessaires à ces chantiers gigantesques.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut