Novembre 2010

Après le mouvement : On fait quoi maintenant ?

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La loi sur les retraites a été votée alors que la population n’en voulait pas. Contre la volonté générale, nos « représentants » ont décidé de nous faire bosser jusqu’à 62 ans voire 67 ans, sans toucher les grosses entreprises et les actionnaires. En balayant nos revendications, le gouvernement a bien montré qu’il se foutait de nous et qu’il allait continuer à faire ce qu’il a toujours fait : servir les plus riches. Est-ce qu’on va encore continuer longtemps à supporter ça ?

La loi est passée. Pourquoi ? Parce que la grève n’a pas été générale et que les directions syndicales n’ont pas voulu aller jusqu’au bout. Parce que les blocages n’ont pas suffi. Parce qu’il était difficile de mobiliser dès la rentrée dans les facs et les lycées. Le mouvement est maintenant presque au point mort... Tout ça n’a servi à rien alors ? Si ! Les grèves massives dans certains secteurs (dans les raffineries par exemple) et les blocages dans de très nombreux lycées ainsi que dans plusieurs facs n’ont pas été inutiles !

On s’est rendu compte qu’en étant déterminés on pouvait secouer les patrons et le gouvernement ! Les raffineries se sont mises en grève et les patrons ont tremblé. Qu’est-ce qui se serait passé si les autres secteurs de l’économie avaient été aussi mobilisés ?

On a compris qui, dans ce pays, produisait les richesses et faisait tourner l’économie. Est-ce que c’est le PDG de Total qui remplit les stations-services ? Est-ce que ce sont les ministres qui conduisent les trains ? Alors pourquoi ce sont eux qui décident de la répartition des richesses ? Toute la richesse produite devrait être répartie entre celles et ceux qui les produisent : les travailleurs et les travailleuses !

On a appris à lutter et à auto-organiser nos luttes : les grèves ne se décident pas d’en-haut, elles se construisent à la base, dans les entreprises, les facs et les lycées. Ce n’est pas aux petits chefs de tout diriger : tout doit se décider dans des AG et personne ne peut se proclamer représentant du mouvement sans avoir été choisi.

Se regrouper pour lutter

Pour ne pas démoraliser et pour ne pas dire que se bouger ça ne sert à rien, il n’y a qu’une seule solution : se regrouper et s’organiser, parce que l’unité fait la force. Il y aura toujours quelque chose à faire pour organiser la résistance contre les attaques du gouvernement et pour changer la société. Rejoindre un vrai syndicat de lutte permet de défendre nos droits au jour le jour et de lancer des luttes collectives. Prendre contact avec une organisation politique permet d’agir collectivement, d’en apprendre un peu plus que dans le journal de 20h et de réfléchir à d’autres projets de société.

On n’est qu’en 2010 et, dans les journaux comme à la télé, tout le monde pense déjà à 2012 et au feuilleton des élections. Mais ce ne sont pas les bouts de réforme promis par le PS ou les autres partis d’opposition qui feront changer les choses. Nous refusons de participer au jeu truqué des élections ! Nous refusons de faire croire que c’est simplement en mettant un bulletin dans une urne que les choses vont changer. Des députés qui décident entre eux des lois qui s’appliqueront à tout le monde, ce n’est pas ça la démocratie. Nous refusons les règles de ce jeu électoral et nous défendons la démocratie directe : chacun doit avoir son mot à dire et pas simplement tous les 5 ans.

Nous pensons que c’est sur le terrain, à la base, par la lutte, que nous pourrons construire une école plus libre et une société plus égalitaire.

Clash (novembre 2010)
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