Contre la casse des retraites

On joue la gagne

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Le mouvement contre la casse des retraites a passé un cap : les grèves reconductibles dans de nombreux secteurs, mais aussi les grèves tournantes, les actions de blocages augmentent le rapport de force en notre faveur. Le vote de la loi au Sénat ne change rien. Nous pouvons faire retirer cette réforme comme nous l’avions fait pour le CPE en 2006. La mobilisation pour gagner doit s’enraciner, car ce pouvoir entend bien défendre ceux qu’il sert : le patronat et les capitalistes. Et dans le même temps il fait passer des loi racistes contre une partie des habitant-e-s du pays. Nous avons la force collectivement de les faire plier. Mettons les à genoux, et allons plus loin !

La reconduction de la grève continue dans de nombreux secteurs professionnels : la SNCF, les transports urbains, la Chimie, les Ports, EDF, les Collectivités territoriales, l’Éducation nationale, la Culture etc. Dans plusieurs villes la grève s’étend à encore plus de secteurs et entraîne de plus en plus de salarié-e-s.

Généralisons les grèves et les blocages

Mais s’ils restent seuls dans la bataille, ces secteurs ne pourront pas mener le combat très longtemps. Nous devons tous et toutes les soutenir. Si ce n’est pas par la grève, c’est en participant à des actions à leurs côtés et surtout en alimentant des caisses de grève. Et, bien sûr, nous devons œuvrer pour que nos propres secteurs d’activité s’engagent plus massivement dans le mouvement.

C’est en organisant des assemblées générales massives dans nos boîtes que nous nous donnerons confiance avec nos collègues pour nous engager dans la grève. Pour que des départs en grève tiennent sur la durée, il est crucial de rompre l’isolement entre secteurs professionnels, en mettant à profit les débrayages pour faire des tournées de services et d’entreprises, en organisant des coordinations interprofessionnelles de grévistes, en organisant la solidarité entre et avec les grévistes.

Par ailleurs, il faut donner les moyens aux salarié-e-s de secteurs moins mobilisés, aux précaires, aux chômeur-se-s, aux jeunes, aux retraité-e-s de s’engager dans la mobilisation, par exemple par l’organisation d’actions de blocages des transports, des communications et de l’économie. De telles initiatives sont déjà développées. Multiplions les !

Après la résistance, la contre-attaque !

Le gouvernement et le patronat nous font payer les pots cassés de la crise financière en licenciant à tour de bras, en baissant nos salaires, en généralisant le chômage et la précarité. Les retraites, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il tente de faire porter le chapeau aux populations immigrés, aux femmes et aux jeunes en particulier.

Il est vain d’attendre que le PS, qui est d’accord sur le fond avec la réforme, revienne sur la loi en 2012. Il est vain d’espérer que la seule mobilisation des cheminot-e-s, des étudiant-e-s ou d’un secteur en particulier suffise à gagner. Le pouvoir ne cédera pas facilement. Jouons la gagne, donnons nous les moyens de les faire plier. C’est pour cela qu’au delà de la grève reconductible c’est la grève générale qu’il faut organiser, construire : une paralysie totale de l’économie, qui porte en elle les germes d’une possible autre société. A nous de transformer le ras-le-bol général en un affrontement majeur avec le pouvoir.

La possibilité et la solidité de telles grèves dépend des revendications portées par la mobilisation. Nous demandons le retrait du projet, mais au-delà de ça, quoi d’autres ? Le statu quo ? On attend 2012 en espérant qu’un soit-disant gouvernement de gauche revienne sur la réforme ? Non ! Il faut arracher tout ce que nous pouvons dès maintenant. 60 ans, c’est bien trop tard pour échapper à l’exploitation capitaliste : nous sommes déjà usés par des décennies de travail aliéné, et ces années où nous pouvons retrouver un peu de liberté et de dignité, qui devraient être les meilleures, nous ne pouvons pas en profiter pleinement. Il faut donc, au-delà de cette réforme, remettre en cause la manière dont les capitalistes nous font travailler et organisent la société. Leur beurre, il le fond sur notre dos. Et pour eux pas de problème de retraite ! En nous mettant en position de gagner sur les retraites, nous devons pousser notre avantage pour revenir sur les régressions sociales des quinze dernières années. Et penser à aller plus loin...

Retaites : on joue la gagne !
 
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