People & Baby : La lutte dès le berceau

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Depuis décembre 2009, à la crèche People & Baby, une lutte oppose des salariées syndiquées à la CNT à leur employeur. Malgré pressions et licenciements, elles ne faiblissent pas.

C’est en 2006 que tout commence pour les salariées de la halte-garderie associative Giono (Paris XIIIe) quand la mairie de Paris, propriétaire des locaux, décide d’en confier la délégation à une société privée : People & Baby. Le business de la petite enfance est en effet en plein essor, et des petits malins y ont vu un filon très juteux.

C’est le cas de Christophe Durieux, patron entre autres de People & Baby, dont les crèches ont un budget de fonctionnement deux fois supérieur à ceux d’une structure classique, en bénéficiant de multiples subventions. Le tout s’accompagnant d’une dégradation des conditions de travail et de la prise en charge des jeunes enfants. C’est dans ce contexte que des salariées décident de s’organiser et de monter fin 2009 une section syndicale CNT.

Le face-à-face s’impose

Dans un groupe où les syndicats sont inexistants, la réponse patronale ne s’est pas faite attendre : convocations individuelles des syndiquées avec menaces à la clé. Un vrai travail syndical commence alors, appuyé sur plusieurs revendications : rattachement à une convention collective, embauche de personnel, arrêt des heures supplémentaires, augmentation des salaires... Et une première dans l’entreprise, le 1er mars 2010, dans le cadre de la mobilisation contre le décret Morano, le personnel de la crèche se met en grève ! C’en était trop pour ce patron « progressiste ». Mises à pieds pour les cinq … puis licenciement pour des motifs fallacieux de trois d’entre elles.

Appuyées par les parents, la section syndicale décide en avril 2010 de l’occupation de la crèche Giono, transformée pour quelques jours en espace autogéré. Le 26 mai 2010, après l’absence de Christophe Durieux à la conciliation prud’homale, c’est au siège parisien de l’entreprise que les rebelles, appuyées par la CNT, vont chercher leur patron. L’occupation des locaux dure cinq jours. Des concerts de soutien, des articles dans la presse, et l’extension de la mobilisation, participent de la médiatisation et du renforcement de la lutte. Le message est clair : à People & Baby comme ailleurs les salarié-e-s peuvent s’organiser, revendiquer et agir.

La lutte est longue et usante pour les protagonistes mais le soutien du syndicat, l’organisation de caisses de grève permet de tenir bon face aux patrons voyous. Fin 2010, aux élections professionnelles, la liste CNT-CGT, malgré les pressions de la direction sur les salarié-e-s remporte 26 % des voix et obtient plusieurs élu-e-s CE et DP. Autre déconvenue pour la direction, le 11 février 2011 c’est le ministère du Travail qui refuse le licenciement de la déléguée syndicale CNT. Enfin le 28 avril, doit intervenir au Tribunal de Paris la décision sur la légitimité des licenciements des salariées syndiquées. A suivre donc…

David (AL Paris Nord-Est)

 
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