syndicalisme

Pour relocaliser l’industrie : Qu’elle change de mains

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En réunissant 1.200 militants, le 22 février, aux Assises de l’industrie, la CGT s’est emparée d’un sujet difficile, en évitant de s’enfermer dans la fausse alternative protectionnisme vs libre-échangisme. Mais a-t-elle pour autant mis le doigt sur la question clef : la propriété privée des moyens de production ? Car qui possède décide.

La désindustrialisation est une catastrophe à trois titres :

  • une catastrophe sociale : par la montée du chômage, la perte des savoir-faire, la paupérisation de régions entières ;
  • une catastrophe écologique : la délocalisation des productions entraîne l’allongement démesuré des circuits économiques et la démultiplication des transports et de la pollution, avec un impact sur le réchauffement climatique ;
  • une catastrophe démocratique : une région ou un pays privés d’appareil productif perd de son autonomie économique, et voit réduite d’autant sa marge de manœuvre en matière politique et sociale.

Oui, il faut inverser la tendance

Depuis 2012, 900 usines ont fermé en France, qui importe désormais 60 % de ses produits industriels. La part de l’industrie est tombée à 10 % du PIB en France, alors qu’elle est de 16 % en moyenne en Europe. On vient de passer sous la barre des 3 millions d’emplois dans le secteur industriel.


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Quelle solution à cela ?

  • « Aider » le patronat à embaucher ? Mais comment donc ? En baissant les salaires ? En lui faisant des cadeaux fiscaux ? 28,7 milliards d’euros d’argent public transférés au patronat en 2013-2014 dans le cadre du CICE auraient permis de créer 50.000 à 100.000 emplois (rapport du comité de suivi ministériel du CICE, 29 septembre 2016), soit un coût, au mieux, de 287.000 euros par emploi créé !
  • Rendre la France plus « attractive » ? Mais comment ? Le pays est déjà suréquipé en infrastructures. En baissant les salaires ? En créant des zones franches défiscalisées ? Là encore, il ne s’agit que de faire des cadeaux au patronat.
  • Instaurer des droits de douane aux frontières ? C’est encore une fois une façon de faire des cadeaux au patronat pour qu’il daigne réimplanter des sites de production dans l’Hexagone… Ce même patronat qui plaide en permanence pour l’ouverture des frontières et la conquête des marchés étrangers !
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Préparation d’un crash test chez ArcelorMittal, à Maizières-lès-Metz (Moselle) en 2012.
(c) ArcelorMittal

Faire confiance aux travailleuses et aux travailleurs

Ne tournons pas autour du pot. On ne relocalisera pas l’industrie sans remettre en cause la propriété capitaliste des moyens de production et d’échange. C’est cela qu’il faut oser dire. Car c’est exactement ce que taisent toutes et tous les politiciens keynésiens (Mélenchon, Hamon), nationalistes (Le Pen) ou ultralibéraux (Macron, Fillon). Leurs mesures reviennent toujours à « encourager » le patronat à faire des profits de telle ou telle façon.

La seule vraie question, c’est la reprise en main de l’appareil industriel par les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes. Produire localement, autrement, en fonction des besoins de la population et non du marché, en développant les coopérations et les savoir-faire, en respectant l’environnement et le collectif de travail, ce ne sera possible qu’avec l’autogestion et la socialisation de l’économie.

Construisons l’alternative !

 
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