Présidentielle : Bayrou : Le scénario providentiel

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À chaque élection présidentielle son lot de surprises ! À l’heure où nous imprimons, c’est François Bayrou qui donne des sueurs froides au PS, mais aussi à Sarkozy car, s’il se trouvait face à lui au second tour, c’est l’UDF qui risquerait de l’emporter.

Décidément, il y a bien une sorte de comportement “anarcho-électoraliste” dans ce pays : une fraction importante de l’électorat vote de façon imprévisible, par mouvement d’humeur, comme pour emmerder les instituts de sondages, les médias et le gouvernement en place quel qu’il soit ! Quoi de si étonnant après tout ? Ce rituel électoral sans enjeu ne passionne guère une fraction importante de la population (30 % en moyenne) qui ne se déplace plus aux urnes depuis longtemps. Une autre fraction a un usage purement utilitariste du vote, pour sanctionner un gouvernement, mais sans rien en attendre de plus… Le dernier avatar de ce phénomène se nomme Bayrou.

Évidemment, le politicien libéral Bayrou ne se distingue guère de Royal ou Sarkozy sur le fond. Seule la méthode diffère. Mais tout de même… Bayrou président ! Quelle farce !

Le plus savoureux est qu’un tel scénario ne serait pas le pire pour les luttes sociales. Les mouvements sociaux ne seraient pas désarmés par l’étiquette “ de gauche ” du gouvernement, et n’auraient pas non plus à affronter un bulldozer thatchérien comme Sarkozy. Un gouvernement patchwork droite-gauche à la Bayrou ne pourrait être que terriblement fragile, et donc vulnérable aux luttes sociales.

Une telle configuration pourrait également conforter l’idée que tout ce monde-là (PS, UMP, UDF…) défend le même conservatisme, et cela ferait “ monter les extrêmes ” pour reprendre une formule journalistique à la mode. Un défi pour les révolutionnaires !

G. D. (AL Montrouge)

 
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