Quartiers populaires : Un mur pour protéger les classes moyennes

Version imprimable de cet article Version imprimable


Augmentation des tarifs de chauffage, suppression de centres médico-sociaux de proximité, de bureaux de postes, litige avec des lotissements privés... Face à ces diverses attaques, les quartiers populaires d’Echirolles ne restent pas les bras croisés.

Echirolles, ville ouvrière et bastion communiste, possède plusieurs quartiers populaires, notamment la ZUP de Villeneuve- Echirolles. La précarité et les difficultés sociales s’y concentrent, dans la seule zone de La Villeneuve, 1 600 bénéficiaires du RSA, et des habitants confrontés à la disparition progressive des services publics : suppression d’un bureau de poste et d’emplois d’assistantes médico-sociales et d’heures de Protection maternelle infantile (PMI). Le tout contre la promesse d’un regroupement de prestations au sein d’un nouveau centre… dans deux ans. Les habitants se mobilisent depuis plusieurs mois et le 24 janvier, ils ont occupé le Conseil général de l’Isère et obtenu la restauration des permanences médico-sociales et des heures de crèches, mais restent vigilants.

La Viscose en colère

Au quartier de la Viscose, les habitants sont en conflit avec les résidants des lotissements privés voisins. Ceux-ci ont construit une barrière empêchant les habitants de traverser leur quartier, les obligeant à faire un long détour pour accéder aux transports, services et commerces. Des militants associatifs se sont mobilisés et ont obtenu que soit garanti le droit d’usage : la barrière est construite mais la circulation est permise pour l’instant. Cette situation reflète bien les divisions entre le prolétariat des quartiers populaires et celui des classes moyennes qui n’ont pas toujours les mêmes intérêts de classe.

Autre question importante : la forte augmentation, ces derniers années, des tarifs du chauffage urbain des cités de l’agglomération grenobloise. La centrale de chauffage est un établissement public géré par Dalkia, entreprise privée (groupe Veolia). L’opération est rentable et rapporte 200 000 euros par an au privé. À la Viscose, où les logements sont mal isolés, cette hausse des tarifs est encore plus insupportable. La riposte se prépare et des associations de quartiers appellent à une mobilisation dans les prochaines semaines. Les luttes dans les quartiers sont nombreuses. Il faut pouvoir faire en sorte que les initiatives militantes ne soient pas contrôlées et stoppées d’une main de fer par les municipalités communistes, adeptes du clientélisme. La mobilisation des habitants passe souvent par des luttes locales et spécifiques. Il faut coordonner et faire converger ces luttes, favoriser et pérenniser les liens militants entre les quartiers afin de faire émerger des mobilisations.

Nicolas Pasadena (AL Grenoble)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut