Québec : Il faut savoir continuer une grève

Version imprimable de cet article Version imprimable


Les élections législatives de septembre dernier ont été présentées comme un succès, au terme du mouvement étudiant qui avait commencé en février 2012. Mais méfions-nous des faux-semblants.

La grève au Québec est terminée. Les élections législatives, remportées par le Parti québecois (PQ) ont vu la défaite des libéraux du PLQ, précédemment au pouvoir. Le mouvement étudiant aurait ainsi trouvé son prolongement naturel dans les urnes. La nouvelle Première ministre du Québec, Pauline Marois, a répété à satiété que le hausse des frais de scolarité était abolie. En réalité, comme le rappelait l’Union communiste libertaire (UCL) [1], les coûts n’ont cessé d’augmenter depuis 2007. Cette année là, les frais s’élevaient à 1 668 dollars canadiens. Aujourd’hui, ils atteignent 2 168 dollars, soit une hausse d’environ 30 % en cinq ans !

La Première ministre n’a fait qu’annuler les dernières décisions prises par le précédent gouvernement québécois. Mais Pauline Marois s’est bien gardée d’aller plus loin. Au contraire, elle a ouvertement affirmé son hostilité à la gratuité scolaire. Le projet du PQ ? L’indexation des droits de scolarité sur l’inflation. Le tout sous les applaudissements de Léo Bureau-Blouin, ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, devenu dans l’intervalle adjoint parlementaire aux dossiers de la jeunesse. Le stratagème est grossier : sous le masque d’un projet apparemment plus tempéré, le PQ cherche en fait à imposer une hausse des frais de scolarité, au mépris de la grève du printemps dernier. L’image d’une victoire « démocratique » des étudiants, obtenue par la voie électorale, ne saurait faire illusion. En vérité, c’est bel et bien le spectre d’un recul social qui se profile.

Dans ce contexte, il est plus que jamais essentiel de défendre la gratuité scolaire, pour tous et pour toutes. Mais face à la réaction politique, la riposte ne peut s’organiser sans une mobilisation de la rue, dans la continuité du « printemps érable ». D’où la nécessité de faire admettre le droit de grève des étudiants, comme le réclame l’Union communiste libertaire, et de développer un syndicalisme radical, à l’écart des centrales bureaucratiques.

Boris (AL Paris Sud)

[1Voir le blog du collectif de Montréal : http://nefacmtl.blogspot.fr/

 
☰ Accès rapide
Retour en haut