Renault-Douai : Trop de CGT tue la CGT

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Le 7 et 8 juin 2010 la firme Renault Douai vivait des élections professionnelles « historiques »... enfin pas vraiment !

Depuis le 8 juin, la CGT Renault Douai n’existe plus, parce que la liste n’atteint pas les 10 % requis (loi de représentativité oblige). Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement en ayant deux listes CGT à l’intérieur de la même boîte !

Lors de ces élections, ce sont bel et bien deux listes issues de la même confédération qui sont entrées en concurrence. La première représentait le syndicat « historique », actif dans l’entreprise depuis quarante ans, et rassemblait 140 candidats et candidates différents. En réalité, cette liste était aussi celle de l’ancienne Union locale (UL), qui n’est plus confédérée depuis peu de temps. En face, une seconde liste, qui a débarqué sur place depuis quelques mois, composée d’une vingtaine de candidats, tous parachutés par la nouvelle UL [1].

La CGT n’est plus représentative

De procès en procès, des demandes de reconnaissance auprès de la confédération CGT ont été faites par le tribunal, mais elles sont restées sans réponse. Parallèlement, le battage médiatique a fini par tomber dans le ridicule. La confédération ne s’est pas mouillée, par peur de perdre des syndiqué-e-s. Et tout ça a poussé la justice bourgeoise à autoriser les deux listes aux élections, en laissant le principe de représentativité faire le reste. Les salarié-e-s choisiront !

Le choix oui, mais pour cela, il aurait fallu que chacun y comprenne quelque chose, et pas seulement les personnes directement impliquées dans ce conflit interne. En fin de compte, la division des voix et le rejet des salarié-e-s ont eu raison de la CGT dans son ensemble le jour des élections.

D’autres profitent de ce « bordel » : FO et CGC en premier lieu, qui arrivent en tête, et qui sont reconnus pour obéir au doigt et à l’œil à la direction. Mais Sud tire aussi son épingle du jeu, puisque le syndicat a récupéré les déçu-e-s de la CGT. Il faut dire que Sud a eu la meilleure stratégie, en soutenant la nouvelle liste CGT (confédérée), et non la liste historique. Sauf qu’idéologiquement, on a du mal à comprendre cette stratégie. La liste confédérée ne rejoint en rien les positions de Sud (sur la question de la lutte des classes, par exemple).

Pendant ce temps, l’autre liste CGT (historique) vit dans le passé : avec assurance, elle adopte des stratégies que l’armée rouge n’aurait pas reniées ! Aujourd’hui la situation est telle qu’il est impossible de penser à un rapprochement entre la CGT Renault Douai (historique) et Sud Renault Douai, car en dehors des différences idéologiques (qui n’existent pas vraiment d’ailleurs), c’est un problème entre individus qui se pose. Il faudra un temps non négligeable pour revoir un syndicat CGT digne de ce nom à Renault Douai. Une des grandes questions aujourd’hui est de savoir si l’UL historique, qui ne touche plus d’argent de la confédération, peut continuer à vivre sans l’apport financier de la CGT Renault.

Eddy (AL Douai)

[1Pour rappel, l’existence de deux UL provient de divergences sur la politique syndicale à suivre, à l’intérieur de la CGT.

 
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