Elections professionnelles

SUD-Rail devient deuxième syndicat à la SNCF

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Les élections professionnelles se sont déroulées le 25 mars à la SNCF ; plus de 80 % des cheminot(e)s y ont participé.

La CGT confirme sa place de première organisation syndicale, avec une progression importante déjà entamée en 2003 lors des élections pour le Conseil d’administration SNCF ; elle ne retrouve toutefois pas son score d’avant 2000, où sa signature de l’accord 35 heures et surtout son opposition aux grèves inhérentes à celui-ci, lui avait valu de nombreuses défections. Indéniablement, la CGT est bien le syndicat majoritaire sur l’ensemble de la SNCF, une force incontournable pour les luttes.

SUD-rail, après huit ans d’existence seulement, devient le deuxième syndicat de l’entreprise. L’apport, après le mouvement sur les retraites, d’équipes militantes venues de la CFDT permet à SUD-rail des progressions extrêmement importantes dans plusieurs régions et une représentativité nationale plus homogène entre régions.

La CFDT, « historiquement » deuxième force syndicale de la SNCF, devient la quatrième en perdant plus de la moitié de ses voix. Dans une majorité de régions il n’y a quasiment plus d’équipes syndicales CFDT ; une bonne partie a rejoint la CGT ou SUD-rail, quelques-unes l’UNSA, mais beaucoup sont « dans la nature ».

L’UNSA, qui est à la SNCF l’héritière de l’ancienne FMC (Fédération catégorielle des maîtrises et cadres), poursuit son développement, à travers son implantation encore faible mais nationale dans le collège exécution, et aussi grâce à un report partiel de l’ex-électorat CFDT dans l’encadrement.

Ces élections professionnelles confirment l’esprit de résistance des cheminot(e)s. CGT et SUD-rail ont des responsabilités importantes.

Que fera la fédération CGT de ce soutien renouvelé ? Ses responsables poursuivront-ils dans la ligne confédérale, marquée par le ralliement à un syndicalisme de type Confédération européenne des syndicats, même critique ? Ou appuieront-ils la volonté de nombre de collectifs de base qui veulent s’opposer plus frontalement au libéralisme et à ses conséquences ?

Que fera la fédération SUD-rail de sa nouvelle place ? Saura-t-elle dépasser le sectarisme de certaines de ses équipes, né de la haine des autres syndicats envers elles durant les débuts de SUD ? Pourra-t-elle impulser une dynamique revendicative suffisamment forte pour entraîner la CGT ?

L’avenir du syndicalisme à la SNCF passe bien par les choix qui seront faits au sein de ces deux organisations. Il existe des structures, des collectifs, une véritable force syndicale (environ un tiers des cheminot(e)s est syndiqué, la proportion est plus forte encore dans certaines catégories et dans les grands sites), reste à savoir comment et à quoi tout cela sera utilisé !

Protection sociale, services publics, droit de grève, droit au transport, aménagement du territoire, mais aussi conditions de travail, précarité, salaires... les angles d’attaque pour construire un mouvement fort, animé démocratiquement par les assemblées générales de grévistes et posant des questions fondamentales quant au choix de société (partage des richesses, prise de décisions collectives, rôle de la hiérarchie...) ne manquent pas.

Travailler à cela est sans doute la priorité des syndicalistes révolutionnaires et pas seulement à la SNCF !

Des cheminot(e)s d’Alternative libertaire

 
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