Sans-papiers : L’espoir vient des lycéens

Version imprimable de cet article Version imprimable


Deux expulsions de jeunes scolarisé-e-s en octobre ont fait descendre massivement les lycéens et lycéennes dans la rue. La mobilisation s’est depuis essoufflée, mais ouvre de nouvelles perspectives de mobilisations antiracistes dans l’Éducation nationale et au-delà.

Le 9 octobre, Léonarda Dibrani est arrêtée lors d’une sortie scolaire et expulsée vers le Kosovo. Le 12 octobre, c’est au tour de Khatchik Khachatryan d’être expulsé vers l’Arménie. Tous deux étaient pourtant scolarisé-e-s, en collège et en lycée professionnel. Deux expulsions qui entraînèrent une mobilisation lycéenne fulgurante.

Le jeudi 17 octobre, plusieurs milliers de lycéens et lycéennes manifestent à Paris pour le retour de Khatchik et Léonarda et plus largement contre les expulsions. Le lendemain, veille des vacances scolaires, c’est reparti : des lycées entiers sont bloqués ou en grève et des manifestations lycéennes s’organisent également dans plusieurs villes en régions. Les premières réactions du pouvoir sont celle d’une gauche convertie au racisme d’État, entre un Valls décomplexé qui « assume », les hésitations d’Hollande et le ridicule de Peillon qui radote sur la sanctuarisation de l’école… alors même que Khatchik a été arrêté hors temps scolaire.

Médias : la curée

Au niveau médiatique, c’est la curée. Plutôt que de parler de tous les cas de jeunes scolarisé-e-s expulsé-e-s ou menacé-e-s de l’être (une simple visite du site internet du RESF aurait été édifiante), télé, radio et journaux résument la mobilisation à la seule « affaire Léonarda » et s’acharnent à présenter la famille Dibrani comme la plus affreuse, sale et méchante qui soit. Le Parisien va jusqu’à publier un sondage nauséabond où deux tiers des sondé-e-s sont hostiles au retour de la jeune Rom. Toutefois, le PS n’est pas tout à fait à l’aise et craint surtout un retour des mobilisations lycéennes à la rentrée. Chez l’allié Europe Écologie-Les Verts, malgré la solidarité gouvernementale maintes fois rappelée, on tente de surfer sur la mobilisation pour se distinguer du PS. Dans ce climat confus, Hollande fait une intervention télévisée surréaliste le samedi 19 octobre proposant à Léonarda Dibrani de revenir… mais seule !

Une lutte à construire

Du côté des organisations syndicales et associatives, à l’initiative de RESF, un front se dessine en soutien aux mobilisations lycéennes naissantes. Un premier communiqué paraît le 2 novembre (la rentrée se faisant le 4). Signé notamment par les syndicats lycéens et étudiants (UNL, Fidl, Unef et Solidaires Étudiant-e-s), des syndicats de l’éducation (CGT, FSU, Sud), il appelle à soutenir les deux dates de mobilisation des 5 et 7 novembre annoncées pendant les congés. Le 5 novembre, alors que, dans le rôle du garde-chiourme, Peillon appelle au calme, les lycéens et lycéennes descendent à nouveau dans la rue, moins nombreux toutefois. Essayant de donner des perspectives pour relancer la mobilisation, un second texte unitaire appelle à des manifestations le samedi 16 novembre. Mais l’action s’essouffle. Depuis quelques temps, Solidaires et Sud-Éducation portent l’idée d’une manifestation nationale pour la régularisation des sans-papiers. Une telle initiative permettrait sans doute de fédérer les luttes sur ce front.

Théo Rival (AL Orléans)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut