Solidarité avec la Tchétchénie : Convoi syndical

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Le dernier départ du convoi syndical a eu lieu en février 2004, il s’agit du cinquième voyage en Tchétchénie, via l’Ingouchie, de camarades de SUD TMT, de la CGT et de la FSU, épaulés depuis Moscou par une camarade de Zachtchita Truda (syndicat minoritaire mais très actif, opposé à l’alternative libérale).

Fort de collectes glanées auprès de salarié(e)s syndiqué(e)s et de la population civile, le convoi participera dans la mesure de ses modestes moyens au maintien des structures scolaires, rares lieux de socialisation, de transmission de savoirs et de réconfort moral minimal. L’école structure encore une société délitée par un état de guerre permanent, d’une extrême violence, apparemment sans issue. Le Kremlin a récemment supprimé le poste de représentant du président Poutine pour les droits de l’homme en Tchétchénie. Cela s’est conclu par l’enlèvement et l’assassinat de Aslan Davietoukaev, âgé de 20 ans, militant des droits de l’homme, membre de l’association Société d’amitié russe-tchétchène.

Cette « terre oubliée », mais néanmoins connue de tous, demeure le pré carré de la Russie de Poutine où vit un peuple exsangue, décimé par huit ans de guerre. La Tchétchénie joue le rôle d’exutoire colonial pour un État policier, organisé par le FSB (l’ex-KGB). Elle représente la terre annexée délimitant la « frontière russe » qui autorise le contrôle sur la Caspienne et la mer Noire et, ce faisant, sur toute une région riche en pétrole où risquent de s’exacerber les luttes d’influences impériales entre la Russie et les États-Unis.

Pour l’heure, ces deux puissances s’accordent néanmoins à pourchasser le Tchétchène, et ce avec l’absolution de l’Europe libérale, vautrée dans la compromission des marchés. Le cynisme de nos hommes d’État, également connu de tous, illustré par les déclarations du mafieux Berlusconi qui célèbre la « haute stature d’homme d’État » de Poutine, n’est qu’une obscénité de plus ajoutée aux hypocrites déclarations de Blair, Chirac, Aznar, et Schröder en faveur du maître du Kremlin. Sa prochaine réélection n’aidera ni à trouver une issue à la guerre, ni à satisfaire les revendications des travailleurs russes qui souffrent de violences patronales et policières de plus en plus évidentes.

Tel est l’état calamiteux succinctement évoqué d’une situation à propos de laquelle il nous revient de prendre notre part de réflexion politique et de soutien militant en terme de solidarité de classe.

Il sera rendu compte de l’activité sur le terrain des acteurs du convoi dans un prochain numéro d’Alternative libertaire.

Claude

 
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