Syndicalisme étudiant : Ne bloquons pas sur les blocages




Après la défaite de l’an dernier, le syndicalisme de lutte doit rebondir. Sans délaisser les grandes mobilisations contre les réformes libérales, il devrait se préoccuper davantage des problèmes locaux, moins glorieux qui peuvent aussi engendrer de véritables luttes collectives.

L’année dernière, l’université d’Orléans participait dès le premier jour au mouvement LRU 2, entraînant pendant près de sept semaines plusieurs milliers d’étudiants en assemblées générales, manifestations et actions de blocage. Ce mouvement avait démontré sa force en dépassant à deux reprises les périodes de vacances. Cependant, en l’absence d’une grève interprofessionelle et sans capacité de pression économique, un rapport de forces suffisant n’a pu être instauré. La grève universitaire s’était achevée dans un climat de défaite, avec la question de la tenue ou non des examens.

Cette année, la rentrée a été un peu fraîche. Malgré les nombreuses adhésions issues du mouvement, Sud-Etudiant Orléans ne s’oriente pas vers une reprise de la lutte contre la LRU. Avec l’énergie dépensée dans la grève de l’année dernière, il semble improbable, qu’on réussisse à relancer la mobilisation contre le processus de privatisation.

Des propositions

Cela ne signifie pourtant pas l’échec du syndicalisme de lutte sur l’université. Mais il faut le réinventer et lui donner des objectifs tenables.

Comment s’y prendre ?

Trop souvent, le syndicalisme étudiant est accaparé par l’opposition aux réformes gouvernementales. Le terrain de l’action locale, de la défense de nos conditions d’études au quotidien est délaissé par la majorité des sections syndicales. Pourtant les possibilités de motiver de l’action collective sur ce type de revendications ne manquent pas : compensation annuelle, logements, conditions d’examens…

C’est sur des campagnes offensives plutôt que défensives que le syndicalisme étudiant doit concentrer ses forces. Remporter des victoires locales permettrait de populariser l’action des syndicats de lutte, tout en leur donnant une autre image que celle du « bloqueur », qui risque de leur coller à la peau s’ils tentent de reproduire cycliquement, mais sans en avoir les moyens, les belles heures de la lutte anti-CPE.

Ces revendications locales ne sont pas à considérer comme secondaires. Elles peuvent s’avérer cruciales pour la poursuite d’études dans de bonnes conditions, quand l’université supprime progressivement les rattrapages, quand le manque de logements est criant et que les frais d’inscription s’envolent.

Bien sûr, les luttes sur des enjeux locaux ne peuvent nous exonérer d’une critique radicale du système universitaire comme lieu de reproduction des inégalités de classe. Cette critique, appuyée sur des exemples concrets, permettra d’avancer des propositions d’envergure (comme le salaire social) et de dénoncer plus globalement le capitalisme. Mais il faut renouer le fil entre l’action de proximité, qui doit être le « pain quotidien » du syndicalisme, et l’action nationale contre les réformes. Le discours des syndicats de lutte ne peut que s’en trouver crédibilisé.

Audrezet (AL Orléans)

 
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