Système de santé : Une alternative : La socialisation

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La socialisation est une alternative à l’étatisation et à la privatisation. Elle vise à réquisitionner les moyens de production vitaux pour en confier la propriété inaliénable à la société, leur gestion étant confiée aux travailleuses et aux travailleurs concernés.

Il est un principe fondamental qui doit être l’axe revendicatif des luttes sur la question : le droit à la santé pour toutes et tous. La nécessité de soigner et le diagnostic médical doivent primer sur toute considération financière. Le financement doit rester basé sur la cotisation sociale, et le système doit rester basé sur la solidarité. Il faut revendiquer la gratuité, qui seule permet l’accès universel aux soins.

Réunifier le système de santé

Il faut refonder une seule Sécu pour toutes et tous en lieu et place d’une Sécu à trois vitesses (Sécu pour les travailleuses et les travailleurs, CMU pour les « pauvres », Aide médicale d’État pour les sans-papiers) qui consacre et institutionnalise un véritable apartheid social. Il faut remettre à plat les « trois étages » de l’assurance-maladie. À l’heure actuelle, seul le « premier étage » (la Sécurité sociale) est égalitaire ; le « deuxième étage » (les mutuelles complémentaires) et le « troisième étage » (les assurances privées) renvoient à une logique individuelle favorisant les plus riches. Il faut revenir à un organisme unique, à cotisation égalitaire, pour des prestations de qualité universelle.

Pour la prévention : en finir avec les accidents du travail

Il ne s’agit pas non plus que les capitalistes s’en remettent totalement à la Sécu pour s’exonérer de leurs responsabilités dans la dégradation de la santé publique. Maladies professionnelles et accidents du travail : les indemniser c’est bien ; les éviter c’est mieux. Cela nécessite d’imposer au patronat davantage de sécurité au travail, et d’assurer l’indépendance de la médecine du travail, aujourd’hui trop souvent inféodée au patronat.

Socialiser les entreprises pharmaceutiques

- pour mettre fin aux détournements de cotisations que constituent leurs profits financiers pharaoniques ;
- pour permettre à la collectivité de décider de l’orientation de la recherche scientifique. À l’heure actuelle les médicaments qui se vendent bien mais qui ne sont pas forcément urgents ni efficaces, sont développés en priorité, au détriment des impératifs de santé publique. La recherche contre le sida est la première victime de cette logique libérale.
- la socialisation des pharmacies, niveau intermédiaire abusif entre producteurs et consommateurs serait aussi un pas en avant dans la rationalité.

Socialiser les cliniques et les hôpitaux

Pour développer et implanter de façon rationnelle et égalitaire tous les établissements petits et grands où des soins sont dispensés (hôpitaux, cliniques, centres de soins, médecins libéraux…), il faut en finir avec la logique de compétition, et adopter une logique de coopération, que seule la socialisation peut permettre.

Pour une gestion démocratique de la Sécurité sociale

Le financement de l’ensemble du système de santé publique est basé sur les cotisations des assuré-e-s. Les professionnel-le-s sont payé-e-s grâce à nos cotisations. Rien ne légitime que l’immense majorité doive assister silencieuse à la manipulation de ses cotisations sans avoir son mot à dire. Ni médecine libérale, ni médecine d’État, la société a besoin d’un service de santé socialisé, au sein duquel les professionnels piloteront collectivement l’organisation du travail et des moyens nécessaires, en fonction des besoins des assuré-e-s sociaux.

 
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