Tract du Collectif Alternative libertaire Lille

Une seule solution : la liberté de circulation et d’installation

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L’été 2007 aura de nouveau été celui de la répression contre les sans-papiers. Après l’expulsion du squat de Cachan en 2006, c’est à Lille que la politique anti-immigration du gouvernement vient frapper. Avec l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, on ne s’attendait pas à moins ! Surtout dans une ville où les sans-papiers s’organisent...

Déjà à son arrivée en 2006, le Préfet de région Canépa (ex-directeur adjoint du cabinet de Sarkozy et ex-secrétaire général du ministère de l’Intérieur) avait décidé de s’asseoir sur les accords Delarue, les qualifiant d’indignes pour la République. Ces accords avaient été pourtant arrachés par les sans-papiers lors de la grève de la faim de 2004 et leur assuraient jusqu’alors le traitement a minima de leurs dossiers.

L’Etat prend parti, Sarko s’empare de l’Etat !

Il aura fallu une campagne présidentielle monopolisée par l’ex-ministre de l’Intérieur pour apprécier Ô combien il est aisé pour un homme politique d’utiliser les moyens d’Etat afin d’étouffer l’opposition :
- Contrôles au faciès et arrestations dans le métro, après les manifestations hebdomadaires, aux abords des foyers sociaux et à la sortie des réunions du Comité des Sans-Papiers.
- Répression systématique et rafles préméditées lors des occupations traditionnelles de lieux symboliques de la lutte (MEDEF, Faculté de Droit, Mairie sarkozyste...).

C’est dans ce climat d’oppression que 60 sans-papiers ont décidé le 15 juin d’entamer une grève de la faim pour dénoncer, affronter et vaincre le racisme d’Etat. Se sont alors révélées la barbarie mais surtout la détermination de Sarkozy et de ses généraux d’en finir une fois pour toute avec les étrangers qui s’octroient la liberté de revendiquer leurs droits.

Lille, laboratoire de la politique anti-immigration !

Car pour l’Etat policier, tous les moyens sont bons pour mettre fin à la contestation. Tabassages, humiliations et insultes lors de leur passage en centres de rétention et commissariats : les CRS et la PAF déchaînent leur lâcheté sur des hommes affaiblis par la grève de la faim.

Ordres donnés au personnel médical de les rejeter des hôpitaux et directives imposées au Samu et aux pompiers de les disperser aux 4 coins du département. La Préfecture abuse de son autorité pour durcir toujours plus les conditions de la lutte.

Et dernier tour de main : délégitimer le CSP, organisation historique de la lutte politique des sans-papiers, au profit d’associations humanitaires et de co-développement qui prendraient en charge la gestion purement administrative des dossiers.

Les nouvelles missions du ministère de « l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement » cherchent à s’appliquer d’autant plus durement à Lille que le CSP et ses soutiens associatifs, syndicaux et politiques parviennent à maintenir un rapport de force.

A l’heure actuelle, ce sont les grévistes de la faim qui payent les frais de cette politique autoritaire et xénophobe : alors qu’ils dormaient devant les hôpitaux, à 67 jours de grève de la faim, ces combattants pour la liberté ont de nouveau été raflés par la Police de l’Air et des Frontières, direction les centres de rétention. Les sans-papiers revendiquaient la Liberté, l’Etat Sarkozy leur a donné la mort.

C’est donc en nous menaçant, couteau sous la gorge, que le gouvernement cherche à imposer sa politique d’immigration « choisie » qui, si elle prétend résoudre le problème des sans-papiers, ne fait finalement que le perpétuer.

Liberté de circulation et d’installation !

Les sans-papiers sont utilisés et rejetés au gré des intérêts et de l’opportunisme des dirigeants politiques et économiques. Derrière la précarité qui les accable, on retrouve toutes les contradictions d’un ordre social international et hexagonal fondé sur les inégalités économiques, sociales et politiques inhérentes au système capitaliste.

Les expulsions servent uniquement d’argument électoraliste démagogique. Car les migrants continueront à migrer, les patrons d’exploiter leur vulnérabilité, et les politiciens d’agiter le spectre du chômage et de la délinquance pour que le système continue. L’unique solution pour qu’il n’y ait plus de sans-papiers est... de les régulariser, et de donner aux nouvelles et nouveaux arrivants l’accès à des conditions dignes de travail et de résidence.

Face au fantasme de l’« invasion », au mythe du contrôle des frontières, à l’ineptie des quotas qui réduisent les individus à leur force de travail ; face aux politiques d’Etat et aux pratiques patronales qui créent et entretiennent des poches de précaires parmi les précaires ; face aux pratiques intolérables des forces de répression qui humilient, violentent, bâillonnent des pans entiers de la population, nous opposons la liberté de circulation et d’installation et l’égalité des droits.

La liberté de circulation et d’installation est aujourd’hui la seule politique réaliste face aux demandes de protection et, d’émancipation de millions de femmes et d’hommes.

Inséparable du combat révolutionnaire, qui exige une véritable répartition des richesses à l’échelle mondiale et une transformation radicale des rapports sociaux et économiques, elle s’inscrit dans le combat contre le dogme nationaliste des frontières, qui a toujours été porteur de haine et de guerre.

C’est par la solidarité avec les migrants dans leurs revendications pour leurs droits que nous ferons avancer les droits de tous.

Samedi 25 août, manifestation régionale pour la régularisation de tous les sans papiers. Rdv 15h place de la République à Lille.

 
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