Université : vers une sélection renforcée

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Le mois dernier sur Europe 1, le ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche, François Goulard, a annoncé la mise en place d’un dispositif de présélection à l’université pour la prochaine rentrée. Les lycéen-ne-s voulant s’inscrire à la fac devront le faire dès février, permettant ainsi l’examen de la “ fiabilité ” de leur dossier (en gros si le/la lycéen-ne est en filière générale ou non). Si cet examen ne s’avère pas “ satisfaisant ”, le ou la futur-e étudiant-e sera convoqué-e pour un entretien à l’université, qui aura pour objectif de le/la démotiver dans sa demarche et de le réorienter vers des filières “ plus adaptées ” (celui ci ou celle-ci pourra tout de même s’inscrire si il ou elle en a envie). Néanmoins si le ou la lycéen-ne refuse de se soumettre à cet entretien, l’université aura tout le loisir de ne pas l’inscrire.

À noter que ce dispositif sera soumis aux universités “ volontaires ”. On peut aisément imaginer que les universités “ volontaires ” seront celles où la présence de syndicats de lutte capables par des moyens appropriés (assemblées générales, mobilisation, blocages de conseil d’administration..) de faire échec à ce genre de dispositif, n’est pas très pesante.

Mais ce qui est visé à terme, c’est bien la mise en place d’une véritable sélection à l’université telle que la souhaite le Medef, au nom d’un “ manque de débouchés professionnels ” (alors que le gouvernement réduit de manière exponentielle le nombre de postes aux différents concours) et d’un “ échec massif ” (expliqué en réalité par les conditions dégradantes dans lesquelles une majorité d’étudiant-e-s travaillent : salariat précaire, sous-encadrement administratif et pédagogique, logements insalubres...).

Si les différents facteurs de ce “ manque de débouché professionnel ” et de cet “ échec massif ” sont les fruits de l’action du patronat et de ses valets gouvernementaux, il reste que toute démocratisation scolaire serait vaine sans une transformation radicale des rapports capitalistes de domination et d’exploitation de la sphère du travail salarié.

En effet, on pourrait parfaitement avoir 1,5 million de bac + 5 chaque année et il serait illusoire de penser que ces derniers auront sur le marché du travail un emploi correspondant au niveau du salaire, de la nature du contrat et ainsi que du travail à effectuer, à leur niveau de formation.

Dès lors, il y a nécessité à organiser dès que possible des assemblées générales sur nos lycées et nos facs afin de regrouper les noyaux durs mobilisables du mouvement antiCPE et relancer une mobilisation contre cette mesure inique et tous les problèmes qu’elle pose.

Si le mouvement du printemps 2006 a obligé le gouvernement et le patronat à reculer de manière humiliante, la fin de celui-ci à permis à ces derniers de relancer la machine à contre-réforme de l’université (préselection, professionnalisation...). Cette insolence est inacceptable. Il reste aujourd’hui, sur les facs, sur les lycées une part importante de personnes mobilisables, il ne tient qu’a nous de la fédérer afin de relancer une offensive déterminée contre les classes dirigeantes. D’autant qu’en période préelectorale celles-ci sont en position de plus grande fragilité.

AL Rennes


Dernière minute !!

De robien s’enflamme

Le ministère entend par un projet de décret redéfinir les obligations de service des enseignant-e-s du 2nd degré (certifié-e-s, PLP, agrégé-e-s). Ce projet, s’il passe, introduira davantage de flexibilité géographique pour les personnels enseignants, une individualisation des salaires par l’octroi d’une prime à celles et ceux qui accepteront d’aller enseigner dans une discipline autre que la leur (soulignons au passage que la notion vague de “ compétence ” se substitue à celle, claire et précise, de “ qualification ”), un allongement du temps de travail d’une durée d’une heure pour les enseignant-e-s dont les groupes d’élèves sont inférieurs à 20 (le “ groupe ” remplaçant la notion de “ classe ”).

Ce sont les quelques mesures les plus emblématiques de ce qu’il convient de caractériser comme une entreprise de déréglementation des garanties statutaires collectives et une conséquence de la suppression nette de dizaines de milliers de postes d’enseignant-e-s. Enfin, elles font peu de cas de la manière dont le ministère considère le service public d’éducation, dont les jeunes encore une fois seront, au bout de la chaîne, les victimes. Après la casse du statut des MI-SE et des personnels TOS, ce gouvernement s’attaque maintenant à celui des profs du secondaire. La riposte est à construire et elle se devra de frapper plus fort qu’en 2003.

 
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