Universités : Comme un rendez-vous manqué

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La mobilisation étudiante contre la loi Travail est partie vite et fort dès le 9 mars. Même si le soufflé est vite retombé, l’essentiel est là : l’apathie est rompue, le réveil est possible.


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Dès le 9 mars, à l’initiative des syndicats (Solidaires-Etudiant.es et Unef), des assemblées géné­rales ont eu lieu dans une cin­quantaine d’établissement du supérieur. Pour de premières assemblées générales, elles ont été enthousiasmantes avec une participation loin du ridicule (400 personnes à Nantes, 600 à Paris-VIII, 120 à Poitiers...).

Les journées d’action nationale des 17 et 24 mars ont conduit à une généralisation des AG dans les facs… mais sans changement d’échelle quantitative. En dehors de Paris-VIII et de Rennes-II, pas de massification. La plupart des facs ont rarement dépassé les 400 personnes en AG, et le mouvement ne s’est pas élargi au-delà du noyau initiateur.

Certes, les vacances scolaires n’ont pas aidé à maintenir une dynamique nationale, puis les examens nous ont rattrapé-es à la mi-mai, au moment où les actions de blocage commençaient à se multiplier. Pourtant, ce serait trop simple d’y voir les raisons de cet échec à élargir. Il faudra discuter les bilans collectivement pour avancer et interroger les pratiques militantes une fois le mouvement fini.

Fermetures administratives et CRS

Dans la majorité des facs, les AG sont vite devenues le lieu d’organisation de la lutte. De même que les comités de mobilisation réunissant étudiantes et étudiants, syndiqué-es ou non. La première coordination francilienne, le 17 mars, a été le théâtre de tensions avec l’Unef, qui a tenté de saboter l’auto-organisation. Malgré tout, le 19 mars, les universités de tout l’Hexagone ont pu se réunir à Paris-VIII pour une première Coordination nationale étudiante, qui a mis en place un porte-parolat, afin de ne plus laisser l’Unef être le ­porte-parole autoproclamée du mouvement.

Bientôt, à Tolbiac, à Bordeaux, à Rennes et à Lyon, entre autres, les présidences d’université ont réagi avec leur nouvelle arme favorite : la fermeture administrative de sites, pour dissuader blocages et occupations. Ces fermetures vident les facs, empêchant les étudiantes et les étudiants de s’y regrouper. Parfois, sous couvert d’état d’urgence, les autorités universitaires ont fait intervenir la police, comme à Lyon-II, à Strasbourg ou à Tolbiac, où elle s’est montrée particulièrement violente.

Chaude, la rentrée ?

Une nouvelle fois, la nécessité d’un syndicalisme de lutte et autogestionnaire saute aux yeux. Pour impulser la lutte, pour fournir aux étudiantes et aux étudiants les outils leur permettant de garder le contrôle de leur mouvement, pour converger avec d’autres secteurs. Mais aussi pour organiser celles et ceux qui sont décidés à continuer le combat au quotidien !

Après des années d’apathie, les facs ont enfin remué, des milliers de personnes ont participé aux manifestations de rues. Même si ça n’a été qu’un feu de paille, cela témoigne d’une disponibilité à la contestation. Et si la rentrée était plus chaude que prévue ?

Des étudiantes et étudiants d’AL

 
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