Violences : Avec l’autodéfense féministe, changez d’attitude

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Le développement de stages et de formations à l’auto-défense féministe invite à mettre en avant un autre rapport au combat féministe.

Les analyses féministes mettent en évidence les rapports sociaux de domination dont sont victimes les femmes en particulier en matière de violences physiques et plus spécifiquement sexuelles. Néanmoins, toute la difficulté qui se trouve alors posée consiste dans le fait de ne pas nier ce statut de victime tout en permettant aux femmes de pouvoir développer une capacité à combattre cette situation de domination et les situations de violence. Le développement de l’auto-défense féministe se situe donc dans la perspective d’une telle logique. Il s’agit de développer la confiance en soi et la capacité de riposte des femmes dans le cadre de l’espace public en particulier face aux violences.

Néanmoins, il est possible de remarquer qu’il ne s’agit pas ici de self-défense féminine, mais que se trouve apposé le qualificatif de féministe.

Une autre réflexion sur l’autodéfense

Ce point s’explique par au moins trois raisons. La première est qu’il ne s’agit pas de développer une simple pratique de défense physique indépendamment du sexe de la pratiquante. Le second point est qu’il ne s’agit pas non plus de développer une simple pratique de défense physique. Il s’agit d’une pratique politique d’apprentissage de techniques de défense pour les femmes développé par des femmes.

Cela a plusieurs conséquences.

La première est que le fait qu’il s’agit d’une pratique de défense pour des femmes n’est pas anodin. Cela ne veut pas dire uniquement que les techniques sont, par exemple, pensées en lien avec le gabarit physique de la plupart des pratiquantes, mais également qu’il s’agit par exemple de prendre en compte les inhibitions des femmes construites socialement non seulement dans le rapport à la violence physique, mais tout simplement dans l’affirmation de soi.

Une seconde conséquence est qu’il ne s’agit pas simplement de self-défense féminine, c’est-à-dire de techniques de défense physique pour des femmes. L’autodéfense féministe développe une réflexion sur des modes de défense non-physiquement violents comme la défense verbale et l’attitude corporelle. Cette réflexion inclut également la place de la solidarité, c’est-à-dire des attitudes de groupe, face à une situation de danger physique. En bref, l’autodéfense féministe tente de construire des techniques de défense qui ne soient pas une version pour femme d’un self-défense viriliste.

Des développements multiples...

L’autodéfense féministe comprend plusieurs méthodes différentes qui varient en particulier dans leur approche des techniques de défense mentales et physiques. On peut citer parmi les deux courants principaux le femdochi et le seito boei. Un dernier point qui mérite d’être souligné également, c’est que l’auto-défense féministe conduit à se poser plus généralement la question de la défense de personnes en état de vulnérabilité physique comme les personnes handicapées ou les personnes âgées.

Irène (AL Paris Nord-Est)

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