CGT : Une chérèquisation au petit trot

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Le 49e congrès confédéral de la CGT se prépare sur des bases molles en termes d’action, dures en termes de centralisation. Il faut que « l’autre CGT », celle de la base combative, se fasse entendre.

Les syndicats de la CGT ouvriront leur 49e congrès à Nantes du 7 au 10 décembre. Plus de 1 000 délégué(e)s seront réunis pour valider l’orientation de la CGT pour les trois prochaines années. Il s’ouvrira dans un contexte où les effets sociaux de la crise financière se font vivement sentir et que la stratégie des « temps forts » de l’an passé s’est soldée par l’échec des journées du 26 mai et du 13 juin, la rentrée est marquée par de nouveaux reculs : lois sur le travail dominical, sur la mobilité des fonctionnaires (permettant de les licencier) et mise à l’ordre du jour d’une nouvelle régression des retraites. Première organisation syndicale des salarié-e-s, ce congrès intéresse toutes et tous les syndicalistes et les salarié-e-s, tant ses orientations auront un impact sur les luttes et sur le paysage syndical français.

Les syndicats ont reçu trois documents : rapport d’activité, financier et résolutions d’orientation [1]. Parions que la majorité des syndiqué-e-s ne liront pas ces documents pourtant essentiels puisqu’ils sont symptomatiques du processus de « chérèquisation » engagé dans la CGT. Passons sur le langage humaniste et policé, il reste que l’orientation préconisée est celle d’un syndicalisme d’adhérents, construisant des « propositions revendicatives » en direction des pouvoirs publics et patronaux. Le logiciel de pensée est celui d’un deal social avec le capitalisme, orientation par ailleurs contradictoire avec l’analyse faite d’une « crise systémique du capitalisme ».

Un centralisme accru

Il sera abordé également la question de la réforme des structures de la CGT. Au niveau des secteurs professionnels : plus de centralisation au sein de fédérations fusionnées, dotées de directions plus puissantes. Nantes doit aussi sceller le sort des organisations interprofessionnelles les moins maîtrisables : les unions locales (UL), qui doivent être affaiblies au profit des unions départementales (UD) et surtout des comités régionaux (CR). UD et CR sont appelées à promouvoir la négociation collective et le « dialogue social », anticipant une future régionalisation du Code du travail qui fragiliserait encore plus le salariat.

Les syndicalistes de base et les salarié-e-s en lutte n’ont malheureusement rien à attendre de bon de ce 49e congrès. Il risque fort d’approfondir le recentrage, entamé depuis le début des années 1990, sur un syndicalisme d’adhérents et d’accompagnement du capitalisme. Pour les courants lutte de classe, la priorité est donc le regroupement et l’expression, sans sectarisme, pour offrir une alternative qui s’adresse aussi bien aux militants et militantes de la CGT qu’aux autres secteurs syndicaux de lutte (à la FSU, à Solidaires, voire à FO…). Ce qui est en jeu, c’est l’existence même d’un syndicalisme de lutte de classe et interprofessionnel à dimension de masse, tel qu’il s’exprime dans de nombreux syndicats CGT de base (lire pages 3 et 5). Il n’est pas difficile de comprendre quelles seraient les conséquences de son éviction définitive pour les luttes des travailleurs et des travailleuses.

Ermon (AL Lorient)

[1Disponibles sur www.cgt.fr.

 
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