Contre l’homophobie : La pointe émergée de l’iceberg

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À l’occasion de la tournée du groupe Sexion d’Assaut, la mobilisation a entraîné une condamnation des propos homophobes tenus par ce groupe. Mais il faut aller plus loin, pour combattre le virilisme !

« Pendant longtemps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobes à 100 % et qu’on l’assume. […] pour nous, le fait d’être homosexuel est une déviance qui n’est pas tolérable. […] C’est un phénomène de mode qui nous dépasse et on ne comprend absolument pas que le mariage gay et l’adoption par des gays soient acceptés dans certains pays ! »

Ces propos, ce sont ceux de Lefa, membre du groupe de rap Sexion d’Assaut, dans un magazine spécialisé, International Hip-Hop. Lors d’une interview publiée en juin dans le magazine, le jeune homme fait part de son engagement religieux et explique que maintenant que le groupe est populaire, il ne peut plus se permettre des propos homophobes.

Sexion d’Assaut et l’appel à la haine

Mais c’est en septembre, après un été où la chanson Désolé a tourné en boucle sur les radios et que Sexion d’Assaut se prépare à faire une tournée dans toute la France, que l’interview ressort des tiroirs. Elle fait rapidement le tour des associations LGBT, d’internet puis des média traditionnels. Énormément de salles vont alors annuler les concerts prévus.

Par la suite, Lefa s’excusera de ses propos, expliquant qu’il ne connaissait pas le sens du mot « homophobe ». Reste que le groupe a un sérieux passif de paroles haineuses, appelant à la violence contre les homos Par exemple, sur leur titre On t’a humilié, on peu entendre « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent, coupe-leur le pénis, laisse-les morts, retrouvés sur le périphérique ». Ces excuses publiques ressemblent donc à une tentative (ratée) pour éviter que la tournée ne coule faute de salles à remplir.

Un climat réactionnaire

Cependant, l’homophobie présente dans les textes de Sexion d’Assaut, n’est que la pointe émergée d’un iceberg. Celui de l’homophobie dans les quartiers populaires, qui peut être extrêmement violente. Braïm Naït-Balk dans son livre Un homo dans la cité nous décrit les violences, les viols dont il a été victime du fait de son orientation sexuelle.

Sexion d’Assaut semble ici faire les frais de sa surmédiatisation, de l’image de groupe de rap conscient qu’il s’est construit avec son tube Désolé. Malheureusement ils ne sont pas les seuls à tenir des propos homophobes. Beaucoup de rappeurs cultivent une image virile, hétérosexuelle, machiste. Une image qui transpire et diffuse dans les quartiers populaires, participant d’un climat résolument réactionnaire au niveau moral dans la France entière.

Nestor (AL Tours)

 
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