Edito : La grand-messe

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Depuis le temps qu’on attendait ça, nous voilà enfin arrivés aux Jeux olympiques de Sotchi. Finie la grisaille du chômage, la méga arnaque du pacte de « responsabilité », finies les campagnes européo-municipales… Place à la beauté du sport, à la glorieuse Russie qui accueille si chaleureusement les braves athlètes du monde entier. Et parions que bien rares seront les journalistes qui oseront insérer quelques menus critiques sur la tenue de cette parade publicitaire poutinienne.

C’est que le tsar a pris ses précautions ! Touché par la grâce olympique, il a libéré quelques prisonniers et prisonnières politiques (ceux et celles à qui l’Occident s’intéressait), il a garantit que les athlètes et journalistes ne seront pas inquiétés, comme de vulgaires citoyens et citoyennes de Russie, par la loi contre l’homosexualité… Que demander de plus ? Et puis une page de publicité mondiale à 49 milliards de dollars (record mondial), on ne va pas la gâcher pour si peu.

Qu’importent les milliers de riverains expulsés pour construire les infrastructures, l’environnement dévasté, le système d’écoute et de surveillance électronique massif sur la région de Sotchi (mis en place par les services secrets russes, FSB, avec l’aimable participation de la NSA américaine et du MI6 britannique), ou le déploiement de 37 000 policiers et militaires russes (plus deux navires de guerres et des avions américains en réserve au cas où…). Qu’importent aussi si nos camarades anarchistes et syndicalistes continuent à être emprisonnés… L’important est que le monde entier apprécie le come back de l’impérialisme russe, notamment dans le Caucase.

Pendant ces quelques semaines (et après) c’est à nous de gâcher la grand-messe en rappelant toutes ces vérités, c’est le meilleur moment pour exiger la libération de nos camarades emprisonnés.

Alternative libertaire, le 25 janvier

 
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