Edito : Ni loi ni burqa

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C’est reparti ! Après 2004 et la polémique sur le port du voile par quelques fillettes dans « l’école-de-la-République » sanctuarisée, c’est au port de la burqa que s’attaquent nos valeureux Jules Ferry d’aujourd’hui. La burqa. Les nuées du talibanisme menaceraient-elles l’Hexagone au point qu’il faille légiférer sur le sujet ?

Soyons sérieux… Combien de femmes et de jeunes filles sont-elles concernées par le port de la burqa et du niqab. Quelques dizaines ? Une ou deux centaines tout au plus ?

Évidemment, la burqa et le niqab sont indéfendables – quand bien même leur port serait « librement consenti ». Ils sont le stigmate de la domination patriarcale extrême, la marque de la honte d’être une femme.

Libertaires, nous sommes viscéralement ennemis des religions, opiums des peuples. Nous combattons pour l’égalité, contre le sexisme et le patriarcat.

Mais une loi anti-burqa participerait-elle de ce combat ? Nous ne le pensons pas.

Bien au contraire, comme en 2004, elle ne ferait qu’encourager le port de la burqa et du niqab, qui subitement se verraient auréolés d’une valeur de « rébellion culturelle » contre le racisme anti-arabe de la République.

On ne libère personne contre son gré. Aux députés qui soudain se passionnent pour la burqa, nous disons : ne montrez pas du doigt une catégorie particulière de la population ; ne réduisez pas la question du patriarcat à ce si commode bout de chiffon.

Il faut agir pour la renaissance d’un mouvement féministe de masse, porter la question de l’égalité homme-femme dans le couple, au travail et dans la société ! Voilà les tâches qui attendent ceux et celles qui veut lutter contre l’oppression.

Alternative libertaire, 1er juillet 2009

 
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