Editorial : Misère du patriotisme

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Un brave garçon a eu une idée sympathique. Concourant pour une exposition photographique sur le « politiquement incorrect », ledit garçon s’est fait photographié en train de s’essuyer le postérieur avec le drapeau tricolore. Il n’en fallait pas moins pour que s’offusquent une ribambelle de ministres et de députés. « Inacceptable », « obscène », « inadmissible », chacune et chacun y va de son qualificatif en essayant de surpasser le voisin. Le mot est lâché : c’est la patrie qu’on outrage ! Comme lorsqu’une marseillaise est huée dans un stade de foot, comme lorsqu’on insulte un président de la république.

Rien de surprenant à ce que ce gouvernement, dans sa quête effrénée de lepénisation, cherche à faire du patriotisme une valeur sacrée. Le patriotisme, nationalisme exacerbé et fétichisé, n’a servi et ne sert encore qu’à faire diversion.

Combattre l’idée que tous les français seraient unis derrière leur drapeau est un devoir pour celles et ceux qui pensent, à juste titre, que la seule unité qui vaille est l’unité de classe : celles des exploités contre leurs exploiteurs. Ce n’est pas un hasard si les drapeaux rouges et noirs se sont imposés dans les luttes ouvrières contre le drapeau tricolore.

Drapeau tricolore sous l’étendard duquel il n’y a pas si longtemps on tirait sur les grévistes. Drapeau tricolore sous l’étendard duquel sont aujourd’hui menacés d’expulsion les travailleurs et travailleuses sans-papiers en grève. Drapeau tricolore auquel nous ne promettons qu’un avenir : disparaître dans les poubelles de l’histoire.

Alternative libertaire, le 27 avril 2010

 
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