Féminisme : Vers la grève des femmes

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Le 8 mars, ce sera la troisième édition de la grève des femmes à Toulouse. Cette année, Solidaires a appelé à constituer des collectifs partout en France et a initié un collectif national.

Depuis le premier succès de la grève des femmes de 2012 à Toulouse (voir les articles dans AL de mars et mai 2013), l’idée a fait son chemin. Dès septembre, Solidaires a appelé à constituer un collectif pour une grève des femmes nationale. Sont venus à la première réunion la CGT, la FSU, l’Unef, la Marche mondiale des femmes (MMF), le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Osez le féminisme, Attac, et le collectif 8 mars pour toutes. Les organisations politiques ont été laissées à l’écart pour éviter que le projet soit dénaturé par des logiques électorales. Malgré de nombreuses personnes intéressées, les verrous sont nombreux à freiner le projet. Les associations et collectifs féministes peinent en effet à s’unir. La CGT et le CNDF restent encore à convaincre. Cependant, la FSU, Attac et la MMF se sont finalement lancés dans l’aventure. Les discussions devront continuer pour un appel à la grève plus massif en 2015.

Ainsi, cette année, la manif du 8 mars sera organisée à nouveau par le CNDF, indépendamment du collectif Grève des femmes qui devrait cependant appeler à des actions. Sud-Santé-Sociaux, Sud-PTT, Sud-Éducation et Sud-Collectivités territoriales sont prêts à poser des préavis pour la grève. Celle-ci devrait être appelée pour le jour même du 8 mars, un samedi pendant les vacances, ce qui risque d’être un sérieux handicap pour le suivi de la grève. Cette date a été retenue car beaucoup de femmes travaillent le samedi, et celles-ci sont souvent parmi les plus exploitées. Pourtant, la réalité de l’implantation des syndicats prêts à poser des préavis de grève et à faire du travail de terrain ne correspond pas. Des initiatives auront peut-être lieu suite à cet appel en Île-de-France, à Lyon et Marseille. Le projet a du mal à se construire mais se développe malgré tout. Convaincre de sa justesse prendra peut-être des années, mais il est important de s’en saisir, au-delà même du 8 mars.

Toulouse : un collectif restreint mais dynamique

À Toulouse, le mouvement continue. Cependant, la seule association féministe qui reste vraiment porteuse est Mix-Cité. Seuls le NPA, AL, Attac et Solidaires restent vraiment présents pour effectuer le travail d’organisation. La MMF, le collectif Midi-Pyrénées pour le droit des femmes et Europe-Écologie-les-Verts ont quitté le collectif. Cependant d’autres devraient nous rejoindre en cours de route. Là aussi, il a été choisi d’appeler à la grève le samedi malgré l’absence d’implantation des syndicats de Solidaires dans les secteurs qui emploient le samedi. Cependant, des animations, une soirée, des actions durant la semaine précédente et une manifestation non-mixte plus tard dans le mois sont prévues. Cette journée doit être le point d’orgue d’une mobilisation qui va bien au-delà du 8 mars et s’inscrit dans la durée. Il est bien dommage que la date de la grève n’ait pas pu être déplacée, comme si la lutte contre le patriarcat ne pouvait surtout pas déborder du 8 mars. En tout cas, la grève générale des femmes n’aura sûrement pas lieu cette année. Mais l’idée reste à développer, car il est urgent de rendre à la lutte contre le patriarcat les moyens d’être offensives face aux attaques qui s’accumulent : IVG menacée, précarisation croissante des femmes avec les politiques d’austérité, machisme ordinaire décomplexé, masculinistes perchés… A nous de nous saisir du projet pour un féminisme réellement offensif !

Elisa (CAL Toulouse)

 
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