Goodyear : Les voyous, c’est pas nous !

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Un mort sur le lieu de travail a endeuillé la lutte. Mais le combat continue après la manifestation du 17 septembre et la victoire au tribunal contre le plan de licenciements.

Une fois de plus la mobilisation et la combativité des camarades ont payé. Avec tout d’abord la réintégration d’Alexandra, militante CGT élue au CE, après une journée de grève et de négociations avec séquestration de la direction. Autre victoire, la suspension par le tribunal de Nanterre, le 28 août, du plan de licenciement de 847 salarié-e-s décidé par la direction Goodyear sur le site d’Amiens-Nord.

Hélas, un drame a terni ces victoires. En août, un électricien d’une entreprise extérieure a trouvé la mort dans un transformateur électrique de l’usine. Lourde responsabilité de la direction qui n’avait pas voulu couper l’alimentation comme c’est l’usage. Suite à cela, les salarié-e-s, à l’appel de la CGT, ont exercé leur droit de retrait : refus de travailler tant que les conditions de travail ne seraient pas conformes aux règles de sécurité. Toutes les machines ont donc été inspectées par le CHSCT et l’Inspection du travail. Évidemment, la direction a encore ergoté. Selon Dumortier, le directeur, il n’y a aucun problème, sauf un : la CGT ! Mais il a raison de s’inquiéter. Car les camarades se battent pour conserver leurs emplois, leurs moyens d’existence pour eux et leur famille. Car ce combat est avant tout celui de l’emploi, comme l’a expliqué Mickaël Wamen, de la CGT-Goodyear, dans son allocution du 17 septembre à la bourse de Paris.

Les flics piquent les clefs

Même si ce jour là, les directions syndicales étaient particulièrement absentes, la base, elle, était là et a montré sa détermination. Les Goodyear, les Conti, Renault, PSA, Wagon Automotive Douai, et bien d’autres encore, malgré les provocations policières : alors que nous étions sur les marches de la bourse, les gendarmes mobiles faisaient pression sur deux camarades de Goodyear qui gardaient la camionnette et leur ont même volé les clefs ! Il a fallu toute la pression des copains pour récupérer les clefs, avant de rompre l’encerclement des flics qui nous bloquaient. Mais peut-être cherchaient-ils à trouver de nouveaux « exemples » à traîner devant leur justice de classe. Comme c’est le cas avec le jugement honteux contre les six Conti où on veut faire passer les salarié-e-s pour des voyous ! « Les voyous c’est pas nous », mais les patrons qui empochent les subventions et ensuite licencient à tour de bras.

Cette journée d’action a mis du baume au cœur pour continuer la lutte, mais aussi toutes les luttes contre le patronat et l’État qui veulent transformer ce pays en désert industriel et nous réduire en chair à spéculation pour augmenter encore plus leurs profits. Longue vie au mouvement social, vive la lutte des classes !

Jean-Michel (AL Amiens) avec des salariés de Goodyear

 
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