Gouvernement : Une grosse goutte d’eau en trop

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L’état de grâce est-il en train de s’estomper ? Le gouvernement a-t-il fait son premier faux pas ? Va-t-on lui faire rentrer son arrogance dans la gorge ? Un début de mobilisation interprofessionnelle peut se cristalliser autour du 17-18 octobre. Il ne tient qu’à nous que ce soit le premier pas de la riposte.

Après les annonces fracassantes de Nicolas Sarkozy mardi 18 septembre, une réunion intersyndicale a, dès le lendemain, rassemblé les différentes fédérations de cheminot-e-s pour évoquer la riposte. En résumé : la CGT, SUD-Rail, la CFTC, FO, la CGC et la CFDT sont pour la grève. La FGAAC a différé sa réponse. Unsa c’est plutôt non, mais... La CGT est venue à cette réunion interfédérale sur une position qui correspond à l’absence du moindre tract fédéral CGT sur la question des retraites, alors que le sujet était brûlant pendant les deux semaines précédentes : « action sur le fret, les salaires... », « attention à ne pas tomber dans le piège sur les retraites », et initialement blocage sur le fait de mettre « retraite » dans les motifs. Certains, y compris dans les rangs CGT, pensent que les négociateurs confédéraux qui rencontrent régulièrement Sarkozy ont d’ores et déjà tiré un trait sur les régimes spéciaux …

SUD-Rail et FO (et à un degré moindre la plupart des autres organisations syndicales) insistent sur l’importance du dossier « retraite » en termes de mobilisation, et la nécessité d’un mouvement interprofessionnel. SUD-Rail a poussé pour qu’une date soit définie clairement, afin que les autres secteurs puissent se caler dessus, que les équipes syndicales poussent dans ce sens dans les autres interfédérales (EDF/GDF, la RATP, la Fonction publique). Cela a fonctionné en partie, les intersyndicales de l’Énergie et de la RATP annonçant le lendemain qu’elles étudiaient un appel à l’action en même temps que le Rail. Idem du côté de la Fonction publique, qui envisage une mobilisation pour le 18 octobre.

Vingt-quatre heures ou reconductible ?

Malgré les divergences sur la durée envisagée, le piège de la division a été évité, en laissant les modalités dans le flou. Chaque organisation syndicale va donc évidemment défendre sa position... et selon le travail réalisé sur le terrain, selon le nombre de collègues convaincu-e-s par une ou l’autre des stratégies, selon les équipes syndicales qui auront basculé d’un coté ou de l’autre, selon les dynamiques créées entre le 20 septembre et le 16 octobre... la grève sera de vingt-quatre heures ou sera reconductible. Les militantes et les militants qui pensent que le syndicalisme ne consiste pas qu’à commenter l’actualité essaient dès à présent (et dans la suite de ce qui se faisait depuis quelques semaines) de coordonner tout cela au niveau interprofessionnel, continuent à éditer du matériel pour porter le débat sur le terrain, organisent des diffusions de tracts dans l’ensemble de leur entreprise mais aussi au-dehors (tracts interprofessionnels).

Optimisme de l’action

À l’heure où ces lignes sont écrites, nous avons une date identifiée pour un début de grève à la SNCF, le 17 octobre au soir. Les syndicalistes révolutionnaires, « alternatifs », « radicaux », ou tout simplement syndicalistes-syndicalistes (c’est déjà bien) ont un mois pour essayer de construire avec ça un mouvement qui ne soit pas limité à la SNCF, qui ne soit pas limité à vingt-quatre heures.

Avec le choix de thèmes de mécontentement que nous propose le gouvernement, pour un peu qu’on accepte de causer aux gens même s’ils ne sont pas révolutionnaires, de faire monter la pression, d’organiser parfois des « petites choses » qui permettent de donner confiance pour faire plus... on peut y arriver.

Sinon, il y a l’autre solution : attendre le journal télévisé de 20 heures chaque soir, pour commenter les trahisons des bureaucrates-syndicaux... L’intérêt c’est qu’on est sûr de ne pas se tromper. Le désavantage c’est qu’en matière de luttes sociales... ben, ça ne sert à rien. Retroussons nos manches camarades !

Mouldi C. (AL Transcom)

 
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