Grande-Bretagne : Liberty & Solidarity veut mener l’action à la base

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Une nouvelle organisation communiste libertaire est née en Grande-Bretagne l’an passé. Elle propose une stratégie, inédite pour ce pays, d’intervention dans le syndicalisme et dans les comités de quartier.

En mars 2008 s’était formé en Grande-Bretagne un réseau anarchiste plate-formiste [1], en partie présent au sein de l’Anarchist Federation. En mai, lors d’une réunion nationale, le réseau s’est constitué en organisation à part entière, sous le nom de Liberty & Solidarity (L&S), en incluant le groupe écossais Praxis [2]. L&S existe à présent à Londres, Birmingham, Reading et Glasgow, et s’est rattaché au courant communiste libertaire international en adhérant à la plate-forme Anarkismo.net [3].

Dépassant un certain anarchisme doctrinal, L&S veut proposer une politique sérieuse, combinant théorie et pratique, qui se donne des buts, qui fasse des bilans réguliers, et qui fonde ses idées sur l’expérience concrète. Il s’agit d’avoir une approche pragmatique et stratégique, et non de travailler à partir de principes inflexibles.

Une sensibilité syndicaliste révolutionnaire

En septembre, L&S a tenu sa première conférence nationale où elle a adopté des statuts et deux motions d’orientation, l’une sur la stratégie dans le monde du travail, l’autre sur le militantisme dans les quartiers. Dans le monde du travail, les militants de L&S s’efforcent de jouer un rôle moteur dans les trade-unions [4], dans la sensibilité incarnée par les Industrial Workers of the World (IWW). Cette organisation syndicaliste révolutionnaire états-unienne possède une section de 500 adhérentes et adhérents en Grande-Bretagne, et les camarades de L&S pensent que, pour ne pas rester cantonnés à un rôle de témoignage, les IWW doivent être actifs dans les trade-unions.

Mais si le lieu de travail et les syndicats sont un point de départ important pour une politique de classe, ce n’est pas le seul. Il y a d’autres problèmes tels que le logement, le racisme, la vie dans les quartiers, que les gens ont à cœur. L’extrême droite travaille sur ces questions pour susciter la haine et la division. Nous ne pouvons donc pas nous en désintéresser. Les militantes et les militant de L&S s’investissent donc dans les comités de quartier.

Pour son intervention publique directe, L&S dispose pour l’instant d’un site Web, et de relations de proximité avec le plus vieux journal anarchiste de Grande-Bretagne, Freedom, fondé par Kropotkine en 1886. Freedom avait, pendant plusieurs décennies, pris une coloration plutôt humaniste-libérale. Il semble qu’il soit redevenu un organe libertaire révolutionnaire.

La classe ouvrière a subi défaite sur défaite depuis Margaret Thatcher. Il est temps de renverser la situation. L&S espère y contribuer.

Guillaume (AL Paris-Sud), avec Keir (L&S Glasgow) et Oisin (L&S Londres)

• Liberty & Solidarity sur le Web : http://libertyandsolidarity.org


[1Lire AL de novembre 2007 : « 1927 : Avec la Plate-forme, l’anarchisme tente la rénovation ».

[2Lire AL de novembre 2008 : « Groupe Praxis : “Construire un pouvoir populaire” ».

[3www.anarkismo.net. AL en est également adhérente.

[4En Grande-Bretagne existe une centrale syndicale hégémonique : le Trade-Union Congress (TUC).

 
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