Janvier 2006

Le CPE généralise la précarité, généralisons la lutte !

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Le gouvernement prend les jeunes pour des kleenex. Sa solution au chômage, qui touche un(e) jeune sur cinq, c’est de donner au patronat la possibilité et de nous virer à sa guise. Cette trouvaille a pour nom « contrat première embauche » (CPE) et est réservée aux salarié(e)s de moins de 26 ans. S’il s’était appelé « contrat multiples licenciements », on aurait compris plus vite !

Le CPE est censé être un contrat à durée indéterminée (CDI) comme les autres. Sauf que le CPE donne l’autorisation à l’employeur, pendant les deux premières années du contrat, de licencier sans motif et sans la prime de précarité de 10% attachée aux contrats à durée déterminée (CDD) !

Quiconque a déjà fait un stage en entreprise peut se l’imaginer, deux ans à fermer sa gueule, à répondre à n’importe quelle exigence patronale, sous peine de se retrouver du jour au lendemain à la porte. Avec les conséquences que cela implique : comment trouver un logement, faire des projets d’avenir, bref, avoir une vie décente si l’on peut se faire virer au moindre changement d’humeur de son patron ?

Mais le CPE, c’est également une mesure stratégique pour le capitalisme : précariser les jeunes travailleur(se)s, c’est exercer une pression sur l’ensemble du salariat. C’est par coups de boutoir successifs et ciblés que le pouvoir procède à une régression sociale d’ensemble (le gouvernement discute déjà de la généralisation de la période d’essai de 2 ans à l’ensemble des contrats).

Et chacune de ces régressions s’accompagne d’une augmentation des profits patronaux, qui n’ont jamais été aussi élevés : 57 milliards d’euros de bénéfice net en 2004 pour les entreprises du CAC 40, soit 63% de plus qu’en 2003 ! Nous imposer une insécurité sociale permanente, pour faire vivre une minuscule caste privilégiée, voilà l’avenir qu’on veut nous imposer.

Ça n’a que trop duré !

Le Contrat Première Embauche c’est :
- Un contrat de travail à durée indéterminée (CDI), dont la période d’essai serait portée à deux ans, contre quelques mois aujourd’hui.
- Un contrat est discriminant, car réservé aux salarié(e)s de moins de 26 ans.
- Un contrat donnant l’autorisation à l’employeur, pendant deux ans, de licencier un salarié sans motif.
- Durant le premier mois, l’employeur est autorisé à licencier sans préavis, et sans aucune indemnité de licenciement. Au-delà il est astreint à un préavis et à une indemnité variables.
- Comme il s’agit légalement d’un CDI et non d’un contrat à durée déterminée (CDD), il ne comprend pas la prime de précarité de 10 % attachée d’ordinaire aux contrats précaires.
- Il entraîne des exonérations de charges sociales pour les patrons pendant trois ans, ce qui va creuser encore le déficit de la Sécurité sociale.

Construisons l’alternative

Nous avons les moyens de faire reculer le gouvernement. Partout où nous le pouvons, dans nos lycées, nos facs, nos lieux de travail, rassemblons-nous, débattons.
- La solution au chômage c’est la redistribution du travail et des richesses. : réduction du temps de travail à 32 h/ semaine, sans perte de salaire et avec embauches correspondantes ;
- Le but de l’éducation et de la formation doit être de permettre l’autonomie de chacun dans sa vie et son travail, pas de se conformer aux besoins momentanés des entreprises locales ;
- La jeunesse scolarisée doit être autonome financièrement pour ne pas se transformer en un réservoir de main d’œuvre bon marché.

Organisons-nous

L’exemple des derniers mouvements sociaux le démontre : il ne peut y avoir de victoire que collective. Débrayons nos lycées, nos facs, nos lieux de travail, provoquons, organisons des assemblées générales (AG). Les moyens d’actions sont multiples : grèves, occupations, manifestations, actions directes... La mobilisation part de la base, elle doit donc être organisée collectivement et dirigée par ses propres AG. Et n’oublions pas : si la jeunesse doit être le fer de lance de la résistance au CPE, cette mesure est une attaque contre l’ensemble des travailleur(se)s !

 
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