Le Dico anti­ capitaliste : Qu’est-ce que “l’écologie sociale” ?

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Chaque mois, un mot ou une expression passée au crible

L’écologie sociale est un courant libertaire de l’écologie politique développé principalement par l’américain Murray Bookchin (1921-2006) à partir des années 1960, mais dont nombres d’idées sont inspirées ou partagées par des auteurs comme Reclus, Kropotkine, ou plus proche de nous, André Gorz.

Des courants comme la décroissance ou l’écosocialisme (d’origine plus marxiste) partagent aussi une bonne partie de l’analyse mais sont moins libertaires dans les solutions qu’ils proposent. L’idée centrale dans l’écologie sociale est que les problèmes écologiques ont une origine sociale, et que ce ne sera qu’en s’attaquant à cette origine que nous trouverons des solutions. Les modes de production et de prise de décision sont ainsi déterminants dans l’impact que les activités humaines ont sur la nature. Le capitalisme porte en effet dans ses gènes la destruction de la nature, puisqu’il est basé sur la croissance infinie et les logiques de court terme, alors que les ressources naturelles sont finies et les enjeux écologiques de long terme. Cette approche permet de différencier les responsabilités face à la crise écologique : les responsables sont les capitalistes et leurs ami-e-s politiciens, alors que les travailleuses et les travailleurs n’interviennent pas dans les choix de production destructeurs de l’environnement. Mais tout système productiviste, comme pouvait l’être aussi l’Union soviétique, est de même anti-écologique.

L’écologie sociale ne conçoit de solution à la crise écologique que dans une révolution libertaire. Avec tout d’abord un changement profond dans nos systèmes de valeurs, pour passer d’une logique de compétition et d’exploitation (des hommes, de la nature) à une logique de coopération et de complémentarité. En termes de modes de production et de décision, cela signifie la socialisation des moyens de production et la décentralisation politique et économique vers des communes et des entités productives autogérées, qui se fédèrent librement. Le but de la production et des échanges devient alors la satisfaction des besoins sociaux et la protection des équilibres écologiques, et non plus le profit. Pour limiter l’impact écologique, les produits doivent être conçus pour être durables, réparables et facilement recyclables. Les choix techniques doivent être pris collectivement selon des critères garantissant les valeurs et propositions précédentes. La diminution et la réorganisation de la production permettent de réduire le temps de travail et de se consacrer à des activités artistiques, culturelles, politiques, sportives, scientifiques...

Jocelyn

 
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