Les Chroniques du travail aliéné : Solène, chargée de communication

Version imprimable de cet article Version imprimable


Les Chroniques du travail aliéné par Marie-Louise Michel

Je n’en peux plus, je suis épuisée, j’ai des crises d’angoisse. Mes collègues sont tous sous médicaments. ça fait trois ans que ça dure. On est une petite structure proche d’une collectivité territoriale. On a pas mal de moyens et surtout on est très connus et… très utiles aux patrons de la région pour flairer le climat économique. Il y trois ans, notre directrice, avec qui ça allait plutôt bien est partie à la retraite. Elle était venue me chercher pour faire leur com, j’ai accepté parce que j’étais dans la boite d’un ancien copain qui s’est pris la grosse tête et qui traitait tout le monde comme de la merde. J’ai installé toute la com avec les nouvelles technologies. Je faisais même le secrétariat par-dessus le marché. J’en avais même attrapé une tendinite tellement j’étais crispée sur mon clavier ! Et puis avant de partir à la retraite, l’ancienne directrice a recruté ce type, qu’on a maintenant comme directeur…

Elle a été fascinée, moi j’ai vu assez vite que c’était un escroc, il apparaissait partout sur les réseaux sociaux. C’est un imposteur. J’ai appelé en douce dans les boites où il a travaillé, ils m’ont dit que c’était un malade. Tout le monde fait des cauchemars depuis qu’il est là. On a prévenu le conseil d’administration, mais pour l’instant ça ne donne pas grand-chose. Il a l’air protégé par certains élus. Le médecin du travail fait le mort… On en a marre parce qu’il est plus souvent au bar qu’au bureau. C’est incroyable qu’on puisse le croire, il serait expert en tout, façon droits de l’homme mais sa présentation sur les réseaux sociaux c’est truffé d’incohérences, de mensonges… Et nous on est là, au milieu de tout ça. On ne sait pas trop sur qui compter et on ne peut pas parler à la presse, ça coulerait notre bateau. Déjà qu’il a pas mal commencé à saborder notre affaire. C’est dur de travailler avec des consignes rares et inadaptées parce qu’il n’y connait rien. On travaille dans une cocotte-minute.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut