Histoire

Lire : « À Contretemps », en livre et en revue

Version imprimable de cet article Version imprimable


Dans son numéro de septembre, la revue À Contretemps nous donne un éventail des relations de proximité entre un certain judaïsme et l’anarchisme. Cette relation a influencé le mouvement ouvrier juif de culture yiddish, qui a été partie prenante du développement du mouvement libertaire international.

La revue aborde le judaïsme libertaire sous deux aspects. La partie historique s’appuie sur les actes du colloque « L’anarchiste et le juif, histoire d’une rencontre » tenu à Venise en 2000. Une traduction de l’historien Paul Avrich nous en apprend par ailleurs sur l’action du mouvement libertaire juif états-unien. Une seconde partie, plus intimiste, se penche sur les itinéraires individuels de militantes et de militants et, à travers leur propre histoire, sur la relation qu’ils et elles ont établi entre l’idéologie libertaire et leur identité juive. Pierre Sommermeyer s’interroge avec émotion sur l’absence de référence à la Shoah parmi des militantes et des militants revendiquant cette double identité. Enfin un excellent article de Sylvain Boulouque étudie le rapport – passionnel pour eux aussi – des libertaires à l’État d’Israël.

Jean-Marc Izrine (AL Toulouse)

Sous le titre D’une Espagne rouge et noire ont été compilés quatre entretiens avec des témoins de premier plan de la Révolution espagnole : le théoricien Diego Abad de Santillán, le pédagogue Félix Carrasquer et sa compagne Matilde Escuder, et deux anciens responsables de la CNT, Juan García Oliver et José Peirats. Ces entretiens, réalisés en 1977, sont restés inédits en français pendant vingt-cinq ans, avant que Freddy Gomez les fasse traduire et publier entre 2002 et 2007 dans À Contretemps, sa revue dont la modeste présentation n’a d’égale que sa haute tenue. La matière est passionnante, et pour cause. Après avoir été des dirigeants de la révolution, les témoins, ressassant dans l’exil le film de leur défaite, en ont été des analystes critiques. Ces vieux lutteurs, véritables monuments historiques, nous livrent ici une foule de détails, de révélations et de jugements saisissants.

Guillaume Davranche (AL Paris-Sud)

  • À Contretemps, D’une Espagne rouge et noire, Éditions libertaires, 2009, 245 pages, 15 euros.
 
☰ Accès rapide
Retour en haut