Lire : Guillou, « La fabrique de violence »

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La Fabrique de violence, roman largement inspiré de l’expérience de son auteur, retrace deux ans de la vie d’Erik, un adolescent confronté à la violence dès son plus jeune âge. L’histoire se passe dans la Suède d’après guerre, empreinte de valeurs nationalistes et conservatrices.

Erik a 14 ans lorsqu’il subit les coups quotidiens de son père, un homme violent auquel il ne semble pouvoir échapper. Cette violence, il l’intègre et l’utilise alors à l’extérieur, dans sa première école, afin de s’imposer au sein de son groupe d’amis et de résister aux sévices corporels infligés par certains professeurs. L’histoire prend tout son intérêt lorsque, suite à l’exclusion de cette première institution, il se retrouve admis pour deux ans dans un pensionnat où la discipline est assurée par les élèves les plus âgés au nom de « l’éducation mutuelle ». Il s’avère très vite que ce système n’est qu’un moyen pour les plus âgés de terroriser les plus jeunes et de les forcer à incorporer par la violence la domination des plus forts sur les plus faibles. Dans ce microcosme qui réunit les enfants de la noblesse suédoise dégénérée et de la bourgeoisie, où plane encore le spectre du nazisme, Erik, « celui qui fait le malin » parce qu’il excelle dans toutes les disciplines sportives devient très vite la cible de ce système. Alors qu’il s’était promis de ne plus se battre, il se sert de cette violence froide et rationnelle qu’il ne connaît que trop bien afin de résister dans ce système et de refuser toute forme de domination.

Dès les premières lignes de ce roman, on est plongé dans l’univers d’Erik. Jan Guillou dépeint d’une manière remarquable l’atmosphère dans laquelle est baigné le personnage : la confrontation constante à la violence, l’exaltation des valeurs nationalistes et virilistes, la domination des plus forts. Tout l’ouvrage est fondé sur l’utilisation de la violence afin de résister à toutes les dominations. Erik ne courbe jamais l’échine devant ceux qui ont le pouvoir mais continue toujours à se battre la tête haute même lorsque le combat semble perdu. Un roman à lire autant pour ses qualités littéraires que pour sa portée politique.

Flo

 
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