Lycéens gardois : Les « fruits pourris » ont la peau de leur proviseur

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Des lycéens et lycéennes mobilisé-e-s dans le Gard contre leur proviseur ont obtenu la mise sous tutelle de ce dernier, tout en développant d’intéressantes pratiques de lutte.

A partir du 17 février 2014, et durant une semaine, élèves (surtout) et enseignants (en partie), du lycée Geneviève-Anthonioz-de-Gaulle de Milhaud (Gard), se sont mobilisé-e-s contre l’attitude rigide de leur proviseur, Christian Hugo-Jeannnin. Un proviseur qui a fait l’unanimité contre lui puisque même les parents d’élèves étaient de la partie pour dénoncer son attitude dictatoriale : décisions autoritaires, réflexions cavalières, paroles déplacées voire insultantes envers les élèves mais aussi des enseignants, stigmatisant les syndicalistes et vantant les mérites de ceux et celles qu’il appelle « mes jaunes » à savoir ses appuis.

La lutte paye

Au bout d’une semaine de blocus de l’établissement par les lycéens et lycéennes, le rectorat a cédé d’autant que le mouvement était médiatisé faisant la Une de la presse locale (Midi libre, La Marseillaise) mais aussi au travers de reportages sur France 3 Languedoc ou France Bleu Gard-Lozère. Enseignants, enseignantes et élèves ont été reçu-e-s en délégation au rectorat et décision a été prise d’encadrer désormais le proviseur avec sa mise sous tutelle. Ce mouvement de mécontentement était doublé d’une autre lame de fond : la lutte contre l’annonce de la fermeture prochaine de certaines filières technologiques et la volonté assumée du proviseur de privilégier les filières d’excellence (sections scientifiques et classes prépas). Particularité de cette mobilisation, parmi les acteurs et actrices principaux, des enseignants syndiqué-e-s à SUD Éducation 30 mais aussi et surtout des élèves qui ont monté il y a peu un syndicat SUD Lycéen 30. L’officialisation de ce dernier avait manqué de provoquer un infarctus au proviseur, qui dans son bureau face à la délégation des syndicalistes lycéens avait promis d’ « avoir leur peau », les traitant au passage de « fruits pourris ». C’est au final lui qui payera le prix de son arrogance.

Action directe et autogestion

Hadrien, de SUD Lycéen 30, dresse le bilan de la lutte et prévient : « Le blocus a commencé un lundi, et faisait suite à un débrayage des profs d’une heure. Tous et toutes les élèves étaient rassemblé-e-s dans le hall quand l’idée du blocus s’est répandue. Cela s’est fait spontanément sans préparation mais l’idée trottait dans la tête des élèves depuis longtemps. Durant toute la semaine, la solidarité a été pleine entre les élèves avec notamment la distribution de nourriture de ceux et celles qui étaient de permanence devant les grilles du bahut sur le piquet, avec nettoyage nocturne des lieux, de vrais moments magiques. Les décisions étaient collégiales. Tous les jours la grève était reconduite en assemblée générale. On espère que les rapports s’apaiseront mais pour l’instant des zones d’ombre persistent notamment sur la question de la fermeture des classes de la filière techno. En tout cas c’est sûr que l’administration ne pourra plus agir en toute impunité et comme elle l’entend. Maintenant espérons que ceux-ci n’est pas un leurre, par ailleurs les élèves se sont considérablement rapprochés. » À suivre donc...

Jérémie Berthuin (AL Gard)

 
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