12e congrès d’AL (Castillon-du-Gard, 2015)

Messages nationaux

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Des messages d’autres organisations anticapitalistes ont été adressés aux congressistes, voire lus directement par des délégué.e.s de ces organisations présent.e.s dans la salle.

Les messages émanaient de :
- Alternatives et Autogestion (A&A)
- la CGA
- le NPA 30
- l’OCML-VP
- Ensemble (Front de gauche)


D’Alternatives et Autogestion (A&A)

Chèr-e-s Camarades,

Nous vous remercions fraternellement de votre invitation, nous saluons votre congrès et ses délégués-e-s et sommes désolés de ne pouvoir en être.

Beaucoup d’entre vous savent déjà que les Alternatifs, par un vote loin d’être « stalinien », ont décidé de se dissoudre dans « Ensemble » comme le fit la GA .

Nous avions, par prudence, anticipé ce choix et constitué une association à but politique « Alternatives et Autogestion » siglée « A&A »

C’est pour nous une période de turbulence et de reconstruction. Nous devons recoller les morceaux et relancer un fonctionnement interne démocratique et cohérent.

Vous comprendrez donc,qu’il nous est encore difficile, par honnêté d’exprimer une ligne politique comme un collectif parfaitement et démocratiquement constitué.

Néanmoins si nous existons c’est que :

  • Une partie d’entre nous n’analyse pas que « Ensemble » soit LA proposition politique unitaire, fédératrice et transversale du paysage politique.
  • C’est que nous observions déjà l’apparition d’un porte-parolat par trop personnalisé qui n’est pas dans notre conception
  • C’est que nous voulons maintenir une ligne et une culture « transversale » des idées et des luttes et ainsi rester ouverts aux formes de combat politique présentes et à venir.
  • C’est que nous restons profondément autogestionnaires.
  • C’est que nous analysons que nous avons perdu beaucoup de force dans les combats électoralistes.

D’ores et déjà notre volonté est affichée. « A&A » a sorti un premier N° de notre journal : NRVV.
- Noir pour l’autogestion, l’expérimentation et les pratiques alternatives
- Rouge pour la justice sociale, les solidarités et l’égalité.
- Vert pour l’écologie radicale, l’anti-productivisme et l’objection de croissance.
- Violet pour le féminisme, l’anti-sexisme et l’antiracisme.

Maintenant c’est dans nos pratiques et dans les luttes que nous devrons les assumer !

Dès maintenant, nous pouvons affirmer notre volonté de resserrer nos liens, notre collaboration et nos échanges.Comme dans les luttes anti-fascistes ou les foires à l’Autogestion. A bientôt donc, dans les luttes et dans les débats. Tous nos voeux de succès pour votre congrès.

Coordination provisoire d’Alternatives & Autogestion


De la Coordination des groupes anarchistes (CGA)

La Coordination des Groupes Anarchistes adresse ses salutations libertaires aux congressistes d’Alternative Libertaire et vous souhaite de bons travaux.

La période politique actuelle se caractérise, sur fond de crise économique mondiale, par une accélération des attaques gouvernementales et patronales sur tous les fronts.

Reculs sociaux majeurs au bénéfice du capital, attaques sur les libertés et offensive idéologique en sont quelques uns des traits principaux. Les mouvements réactionnaires et fascistes (nationalistes ou religieux) bénéficient de ce contexte et cherchent désormais à imposer leur marque idéologique, tant dans les esprits que dans les mobilisations de rue. Non contents d’occuper avec force leur champ traditionnel de défense de l’ordre moral (mobilisation contre le mariage pour tous, journées de retrait de l’école), ils tentent d’influer, voire d’impulser des mobilisations à prétention sociale comme avec les "jours de colère" ou encore lors des mobilisations des bonnets rouges.

Les discours et actes racistes, sexistes et LGBTphobes augmentent et se banalisent. L’extrême droite via le F.N poursuit sa progression et son ancrage électoral. L’échiquier politique s’est fortement droitisé, les discours du F.N qui faisaient scandale il y a 20 ans sont aujourd’hui repris par le P.S.

Face à cela, l’ensemble du camp « progressiste » semble incapable de réagir, les mauvais coups pleuvent mais les réactions restent rares et très minoritaires. Quand la loi Macron démonte un peu plus le code du travail, ce sont les mobilisations corporatistes (taxis, gérants de tabac, huissiers, pharmaciens, médecins) qui se font d’abord entendre ! La tardive réaction syndicale du 9 avril, certes réconfortante, reste sans lendemain...

Au-delà de la traditionnelle paralysie d’une partie du mouvement syndical quand la gauche est au pouvoir, celui-ci semble assommé et sans réelle capacité de mobilisation. L’offensive idéologique libérale subie depuis plus de 3 décades conjuguée à l’absence de mobilisations sociales de masse gagnantes depuis au mieux 2006 expliquent en partie cela. Les mobilisations existantes parfois gagnantes restent souvent défensives et limitées à l’échelle d’une entreprise.

Sur le champ politique le P.S et la gauche parlementaire qui partagent les grandes orientations du capitalisme, sont discrédités pour beaucoup. Mais aucune option progressiste ne se dégage version réformiste ou révolutionnaire. L’ensemble des organisations de ce champ, libertaires compris, subit des érosions et des difficultés, peine à se projeter. L’absence de mobilisations fédératrices cristallise les désaccords internes et questionne les stratégies. Les dé-fédérations que notre organisation a subi au premier trimestre 2015 sont révélatrices de ce contexte qui, nous le savons, touche plus ou moins fortement tout le monde.

Le congrès que nous avons tenu en avril dernier a confirmé nos conceptions d’un anarchisme populaire inscrit dans les luttes sociales, agissant contre toutes les oppressions -économiques, racistes, patriarcales. Un anarchisme qui promeut, dans son projet communiste libertaire comme dans les luttes, des outils (autogestion, démocratie directe, fédéralisme) en opposition à la délégation de pouvoir et à l’électoralisme.

Pour autant, face aux enjeux et aux difficultés, nous sommes conscient-e-s que nous n’avons pas « la solution » ou « la » bonne option. Nous sommes tent-é-e-s de dire, les autres organisations libertaires pas plus que nous. Aussi, il nous semble que le mouvement libertaire a besoin de débats sereins mais poussés sur nos convergences et divergences dans le but de favoriser de l’unité d’action quand c’est possible mais aussi de l’échange, de la confrontation d’idées voire de l’élaboration politique commune. À titre d’exemple, des envies de travail collectif entre syndicalistes libertaires ont émergé lors de notre congrès.

Nous devons tirer prochainement un bilan plus poussé de la CLAF mais quelles que soient nos conclusions sur ce thème, le travail entre nos organisations sur des bases claires reste pour nous important.


De la section gardoise du Nouveau Parti anticapitaliste

Nous tenons à vous remercier pour l’ invitation pour assister à votre congrès, que vous avez adressée au NPA,

Il est dommage que le NPA national ne soit pas présent à votre congrès. Mais nous sommes loin de Paris, et les mauvaises habitudes sont tenaces. Nous en sommes désolés, mais personne n’a pu se libérer.

Dans le Gard, depuis déjà pas mal de temps, le NPA et AL avons pris l’habitude de militer ensemble : Ça se passe bien, politiquement et aussi amicalement.

Cela s’est traduit par la création, avec la CNT et la FA, de RAAGe, Car très tôt au NPA du Gard nous avons compris tout l’intérêt des Fronts Anticapitalistes proposés par AL. Ainsi, nous avons tout mis en œuvre, il y a déjà plus d’un an, pour que ça débouche le plus vite possible : Nous sommes très satisfaits des premiers pas du RAAGe et nous en sommes certain, ce Réseau va rapidement grandir et représentera pour un grand nombre de personnes, une alternative réellement révolutionnaire, anticapitaliste et autogestionnaire.

Lors de notre dernier congrès national, une motion présentant la création des FAK comme prioritaire a été malheureusement repoussée et nous avons regretté cette décision, car dans le Gard, nous l’avons votée. Toutefois cela ne veut pas dire que le NPA national serait contre, mais il pense seulement que d’autres tâches seraient plus importantes. Ici dans le Gard nous pensons au contraire l’urgence des FAK : le NPA étant divers, nous faisons avec.

Au-delà des courants au sein du NPA, dans le Gard, nous avons fait le choix d’une politique clairement en rupture avec les ambiguïtés de « la gauche de la gauche », dont celle le FdG, pour afficher une ligne clairement révolutionnaire et anticapitaliste. D’où le RAAGe.

Cependant, nous suivons aussi ce que fait le FdG, au sein du collectif 3A et ailleurs. Nous travaillons ensemble quand c’est possible. Mais nous refusons d’entraîner les travailleurs sur des chemins illusoires et porteurs de lendemains qui déchantent, particulièrement sur le plan électoral. C’est ainsi par exemple, que nous considérons Syriza et Podemos sont des alternatives qui ouvrent des horizons pour les peuples européens. Et il est hors de question pour nous de les rayer d’un trait de plume pour manque de « purisme ». Cependant, suivons ces processus en gardant notre esprit critique . La politique des révolutionnaires est aussi pragmatique et d’autant plus quand le camp des travailleurs enregistre défaites sur défaites depuis trop longtemps

Vous êtes comme nous des communistes révolutionnaires, et c’est pour cela que nous pouvons travailler ensemble, malgré nos divergences.


De l’OCML-Voie prolétarienne

Adresse OCML-VP à Alternative Libertaire à l’occasion du XIIe congrès

Pour commencer, nous vous remercions pour votre invitation et nous vous souhaitons un bon congrès. Cela peut sembler improbable pour certains qu’une organisation maoïste soit présente à un congrès d’une organisation libertaire. Si pour notre part nous avons accepté l’invitation c’est que nous estimons qu’il est important de créer et développer des relations avec les groupes progressistes et révolutionnaires en France, malgré les divergences politiques et idéologiques et sans sectarisme.   La situation politique et sociale en France depuis l’accession du PS au pouvoir s’est dégradée.

Tout azimut ils attaquent nos droits. En effet, Hollande, ne fait pas ce qu’il peut face à la crise, il applique la politique du PS au service du capital. Il est un fidèle défenseur de l’impérialisme ! Contre les illusions du « moins pire », nous disons qu’il n’y pas de possible gestion du capitalisme à visage humain. Car plus ça avance et plus c’est pire ! Pour assurer son hégémonie, et durcir l’exploitation, le capital renforce la puissance répressive et brutale de l’État bourgeois, montrant un peu plus son caractère de dictature de classe comme nous l’avons vu avec le déploiement du plan Vigipirate, Sivens et l’assassinat de Rémi Fraisse ou encore la loi sur le renseignement.   L’idéologie chauvine et nationaliste est porté par Hollande et son gouvernement. Les attaques racistes systématiques contre les Rroms, les musulmans, les arabes etc. imposent de mener ce combat antiraciste global.

En tant que parti de la bourgeoisie, le PS mène les attaques contre tous les travailleurs exploités. Il est donc notre ennemi principal. La lutte contre le fascisme, le racisme et la réaction ne se fait pas d’abord par la lutte idéologique contre l’extrême-droite ni par le seul antifascisme de rue, mais aussi par la lutte révolutionnaire contre l’hégémonie politique, économique et idéologique du capital.   Le travail en entreprise reste notre priorité sans sous-estimer nos autres tâches. Notre organisation veut se construire dans la classe ouvrière et le prolétariat. Là où elle travaille, là où elle vit et dans les collectifs de lutte populaire.   Dans les usines, les quartiers et villes populaires, dans les luttes ouvrières et populaires nous défendons les intérêts ouvriers jusqu’au bout. C’est-à-dire porter des revendications, mener des batailles qui construisent l’unité de la classe ouvrière, sans craindre d’être à contre-courant des préjugés qui peuvent être existants dans la classe elle-même : chauvinisme, sexisme, homophobie et transphobie… Cela implique de se délimiter des politiques qui, sous des formes plus ou moins camouflées, propagent la conciliation avec les intérêts de l’impérialisme français.

Même si nous militons en France, tout notre travail politique a un contenu internationaliste. Le principe de la solidarité populaire ne peut pas s’arrêter aux frontières d’un pays ou d’un continent. Économiquement, les entreprises font le gros de leurs profits à l’étranger. Politiquement, le poids de nos gouvernements repose sur celui de leurs armées et leurs démonstrations de force dans le monde. Être internationaliste, c’est aussi soutenir politiquement les organisations révolutionnaires qui se battent dans leurs pays pour la libération nationale et sociale.

Ignorer cette solidarité de fait entre prolétaires et peuples opprimés, c’est s’exposer à toutes les défaites contre notre impérialisme.   Un de nos axes essentiels est aussi le soutien et la défense des prisonniers progressistes et révolutionnaires, de tous ces prisonniers : anarchistes, communistes, anti-impérialistes et antifascistes. C’est notamment le cas du camarade Georges Abdallah enfermé en France depuis 1984. Nous vous appelons à renforcer cette campagne.   Mais nous ne sommes pas les seuls à vouloir construire une opposition révolutionnaire.   Pour faire vivre notre politique révolutionnaire au cœur des résistances, nous faisons parfois front avec d’autres forces, sur des bases claires, comme c’est le cas dans certaines villes avec AL. Ce travail de front avec d’autres forces a lieu dans notre travail de masse (syndicats, associations, collectifs) et par le travail politique à l’échelle d’une ville.   Toutefois, des débats et des désaccords subsistent entre nous et c’est bien normal.

Sur comment parvenir à une société sans classe et sans Etat, sur l’autogestion, sur notre appréciation du « Confédéralisme Démocratique », sur le féminisme ou tant d’autres sujets. Mais c’est dans le débat et la confrontation politique que se forge l’unité.   Encore merci pour votre invitation et bonne fin de congrès et bons travaux.


Ensemble (Front de gauche) a omis de transmettre le texte de sa déclaration.


 
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