Nouveau traité européen : Au service du patronat

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Le 4 février les parlementaires, réuni-e-s en congrès (Sénat et Assemblée nationale) à Versailles se prononceront pour ou contre une modification de la Constitution permettant la ratification du nouveau traité européen par l’État français. Ce traité est analogue sur le fond au projet de Constitution européenne rejeté en France par le référendum du 29 mai 2005.

Cette validation par la voie parlementaire est emblématique du mépris qui anime la bourgeoisie quand la volonté populaire se heurte à ses intérêts de classe.

Il faut une majorité des trois cinquièmes au Congrès pour procéder à une modification constitutionnelle. L’UMP ne disposant pas à elle seule de cette majorité, l’attitude des parlementaires socialistes sera déterminante. Pour limiter les effets symboliques de l’union sacrée avec le gouvernement, la majorité des parlementaires PS s’abstiendra au congrès de Versailles, laissant le champ libre à l’UMP, et votera ensuite pour le texte du nouveau traité qui sera soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat les 6 et 7 février.

L’Union européenne est la traduction institutionnelle d’une puissance capitaliste et impérialiste. Le nouveau traité constitue un pas en avant dans le renforcement de cette machine de guerre contre les droits sociaux et les immigré-e-s.

Une opposition anticapitaliste et internationaliste

Ainsi un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des étrangères et des étrangers portant à dix-huit mois la durée légale d’enfermement des sans-papiers et instaurant une interdiction du territoire européen de cinq ans pour les expulsé-e-s va être prochainement soumis au Parlement européen.

L’UE s’attache également la collaboration de l’État libyen pour mieux protéger ses frontières. Elle y finance la traque aux migrants (hélicoptères, patrouilles navales, radars) et l’installation des camps où sont enfermés dans des conditions scandaleuses les candidats à l’immigration. Ce sont d’ailleurs les seuls méfaits du régime libyen qui n’ont suscité aucun commentaire indigné (et pour cause) de la part de la classe politique et des médias dominants lors de la récente visite de Mouammar Kadhafi à Paris.

Au-delà de ce traité, c’est donc bien l’ensemble de l’Union européenne et des États qui la composent que nous combattons. L’UE, tout comme l’État français, n’est pas une institution neutre dont il faudrait « réorienter » la politique.

Contrairement à la frange nationaliste de la gauche, nous ne défendons pas l’idée d’une France « souveraine et indépendante », pas plus qu’une « autre construction » européenne qui serait censée faire contrepoids à la domination des marchés financiers et des États-Unis, comme le préconise une partie de la social-démocratie.

C’est par la solidarité et des luttes communes des exploité-e-s au sein de l’UE que nous pourrons contester la mise en concurrence entre salarié-e-s, la chasse aux immigré-e-s et le nivellement par le bas de tous les droits sociaux.

Alternative libertaire participera, sur ses propres bases, aux initiatives contre la ratification et la mise en œuvre de ce traité.

Alternative libertaire, le 15-01-2008

 
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