Occupation de la Cité de l’Immigration : Les sans-papiers ne lâchent pas Besson

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Depuis le 7 octobre, plusieurs centaines de travailleurs en grève sans papiers occupent la Cité nationale de l’histoire de l’immigration à Paris. L’histoire de l’immigration s’écrit directement dans son musée.

L’occupation de ce lieu symbolique par les travailleurs sans papiers en grève affiche des objectifs clairs : protester contre le blocage de leurs demandes de régularisation et obtenir, dès à présent, des récépissés avec autorisation de travail pour chacun des 6 804 grévistes.

Si le mouvement de grève qu’ils ont mené depuis le 12 octobre 2009 a permis d’arracher au ministère de l’immigration un texte assouplissant les critères de régularisation, eux même n’en bénéficient pas. Alors que des centaines de travailleurs sans papiers non grévistes se voient attribuer des titres ce séjour grâce à l’addendum du 18 juin, les 1800 dossiers déjà déposés en préfectures ne reçoivent que des réponses au compte-goutte. On voudrait leur faire payer leur combativité qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Depuis l’occupation de la Cité, les entrevues ont repris entre le ministère de l’Immigration et une délégation syndicale des « onze », dont CFDT et UNSA se sont discrètement éloignés, à mesure que le mouvement se recentrait sur les revendications propres aux grévistes.

Rendez-vous avec l’histoire

Au jour où ces lignes sont écrites l’accord en faveur des travailleurs, munis ou pas de contrat de travail Cerfa, déclarés ou non, n’est pas totalement abouti.

Depuis plus de vingt jours, les grévistes dorment dans le palais de la Porte dorée, ancien musée des Colonies construit à l’occasion de l’exposition universelle de 1931, dédié depuis trois ans à l’histoire de l’immigration. Des visites, gratuites, avec conférencier, ont été organisées pour tous les grévistes le désirant par la direction de cet établissement où l’accueil de la direction comme celle des employés a été d’une qualité exceptionnelle, compte tenu des circonstances.

Au cours d’une des visites, un gréviste s’arrêta devant l’une des photos du musée : 1990 à Troula, au Mali, son école toute neuve, le jour de l’inauguration. Parmi les enfants, il est là, au milieu de la photo. Vingt ans plus tard, travailleur sans papiers en France, il lutte pour défendre ses droits dans ce même musée.

Chloée (CAL 93)

 
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