Orléans : L’IVG serait-elle de trop ?

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Des menaces planent sur le Centre hospitalier régional d’Orléans et sur le planning familial de la ville. Une situation déplorable, qui remet en cause, de fait, le droit à l’avortement.

Le centre de planification intra-muros du Centre hospitalier régional (CHR) d’Orléans devrait fermer au tout début du mois de février 2010. La sentence est tombée en décembre dernier, et les personnels reçoivent actuellement leurs nouvelles affectations.

Le planning familial, situé à Orléans Sud, dans un quartier plutôt défavorisé, à proximité de l’hôpital, se voyait l’an dernier menacé, faute de subvention. Après une large mobilisation, à l’initiative du Parti communiste, soutenue par le centre de planification intra muros, le planning a été sauvé. Ces deux structures permettent de répondre de façon satisfaisante aux demandes de l’agglomération.

Le projet d’agrandissement et de regroupement des activités hospitalières (dont la gynécologie, la maternité et le centre de planification) ont beaucoup mobilisé les forces politiques locales ces dernières années. Après d’innombrables tractations, la décision de tout regrouper sur Orléans Sud a été retenue, en dépit de l’opposition du Parti communiste, qui préférait envisager la construction d’un hôpital Nord, et offrait d’ailleurs un terrain situé dans la commune de Saran, une municipalité gérée par les communistes.

Un bloc opératoire saturé

Aujourd’hui, c’est au tour du centre de planification du Centre hospitalier d’Orléans d’être menacé de fermeture. Le planning ne peut seulement assurer que 10 % des activités du CHR. Alors même qu’il est nécessaire d’avoir un agent à temps complet par jour, afin de recevoir les personnes dans des conditions correctes, le planning ne dispose que d’un demi-temps salarié par semaine... Dès lors, que vont devenir les femmes qui ont besoin de consulter, notamment les plus jeunes, ou encore les femmes issues de l’immigration, et dont il faut souvent protéger l’anonymat ? Les listes d’attente vont logiquement exploser, les femmes se retrouveront hors délais pour une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, et le recours à la chirurgie s’avèrera finalement nécessaire – avec les complications éventuelles qui en découlent, bien entendu. Devra-t-on alors traverser de nouveau la Manche, pour pouvoir avorter – à condition d’avoir quelque argent, bien entendu ?

Le Centre hospitalier régional a déjà fait savoir qu’il ne pourrait répondre à davantage de demandes d’IVG chirurgicales, car le bloc est déjà aux limites de la saturation. Quant au conseil général, il préfère pratiquer la politique de la chaise vide. Le conseil d’administration a pour sa part refusé la proposition du directeur général – qui n’est pourtant pas un exemple d’humanisme – de surseoir à la fermeture prévue en février. Les personnels sont évidemment mobilisés dans une intersyndicale et ils recherchent actuellement des soutiens. Mais cette fois, on n’entend plus guère la voix du PC dans l’affaire...

Josiane (Orléans)

 
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